Ce petit pro­gramme éco-respon­s­able con­coc­té par Lit­tle KMBO à par­tir de films trou­vés dans le monde entier com­mence comme une fable. Un Inu­it est con­traint de quit­ter son igloo qui fuit et la mer, si pol­luée que plus aucun pois­son ne peut y fray­er. Prenant le large, il vien­dra en aide suc­ces­sive­ment à un pin­gouin, un ours et un loup qui à leur tour, le moment venu, lui porteront sec­ours. Bien­v­enue chez moi est la plus belle réus­site de cet ensem­ble de cinq courts métrages. Sous la forme d’une bal­lade, il fait tra­vers­er à son héros des paysages var­iés, sur la ban­quise et sous la mer, semée de ren­con­tres et d’apprentissages. Réal­isé en papiers et tis­sus découpés, le film accu­mule les matéri­aux recy­clés alors même que l’Inuit se sert des déchets col­lec­tés avec l’aide des ani­maux pour se con­stru­ire un nou­v­el abri.

Réal­isé avec une classe d’école pri­maire belge par Louise-Marie Colon et Quentin Speguel, Pao­la poule pon­deuse varie le thème du rat des villes et du rat en champ : Pao­la « tra­vaille » dans une usine, sa vie est morne et triste. Une carte postale de sa cou­sine de la cam­pagne l’incite à organ­is­er son éva­sion, pour chang­er de vie et rejoin­dre sa par­ente. Dans la ferme, auprès d’une vache réchap­pée d’une lai­terie indus­trielle, Pao­la décou­vre enfin un foy­er. Trou­ver un endroit où vivre heureux, c’est le motif qui relie tous les films de ce pro­gramme qui cherche à abor­der l’écologie avec les plus petits : les enjeux cli­ma­tiques avec le réchauf­fe­ment qui change les con­di­tions de vie de l’Inuit, l’élevage indus­triel des bêtes, la sur­con­som­ma­tion des ménages ou le tri sélec­tif. Autant de ques­tions écologiques qui ren­dent l’environnement har­monieux ou inviv­able.

Mais la lim­ite de ce type de pro­grammes est que les motifs de cette thé­ma­tique citoyenne et engagée ne passent de la fable à la petite leçon de morale et se trans­for­ment en mes­sage uni­latéral peu fer­tiles pour l’imaginaire. Après une douche un peu trop longue, Ponk­i­na con­state que l’eau cesse de couler dans sa mai­son. La fil­lette de S’il vous plaît gout­telettes (Beat­riz Her­rera), qui a abusé des douch­es longues et nég­ligé les fuites d’eau, n’a plus qu’une chose à faire : ren­dre vis­ite aux nuages pour les sup­pli­er de faire couler la pluie à nou­veau. La morale ne se fait pas atten­dre (avec une petite pointe de cul­pa­bil­i­sa­tion, puisque Ponk­i­na a abusé des ressources naturelles) : il faut penser à fer­mer le robi­net ! Dans Prends soin de la forêt, Pikkuli (Met­sä­mar­ja Ait­tokos­ki), les ani­maux s’amusent dans les bois et oublient sans cesse de ne pas jeter leurs ordures dans les bosquets. S’ensuivent des séances de range­ment à l’issue desquelles tout ce petit monde retrou­ve sa bonne humeur. Si le pro­gramme varie avec appli­ca­tion des esthé­tiques et des tech­niques d’animation soignées, la ten­dance à priv­ilégi­er un mes­sage uni­voque et un brin moral­isa­teur sur les mou­ve­ments, les matières et les couleurs laisse par moment la désagréable impres­sion de se faire taper sur les doigt et de devoir se jus­ti­fi­er de son pro­pre bilan car­bone.