Dans Les enfants vont bien, le soleil radieux de la Côte d’Azur qui présidait dans Toni, en famille laisse place ici à un mois d’août pluvieux. Ce changement d’atmosphère de la part de Nathan Ambrosioni s’accompagne également d’une situation plus dramatique. Suzanne arrive à l’improviste chez sa sœur pour y passer la nuit et disparaît au petit matin, laissant à cette dernière la responsabilité parentale de ses deux enfants. À partir de cet événement, le film esquisse les contours d’un quotidien rempli de doutes, d’incompréhensions et de procédures administratives. Mais au lieu de laisser cette incertitude infuser le récit, la mise en scène la neutralise systématiquement en annonçant chaque événement par des incises maladroitement parsemées. Juste avant de se rendre chez sa sœur, Suzanne disparaît, laissant les enfants inquiets errer à sa recherche, avant de reparaître soudainement. Cette séquence préfigure ici la menace de l’abandon infantile en la surlignant par des dialogues autour de l’instabilité de Suzanne ainsi que des symboles évoquant son absence. Par cette construction programmatique, Les enfants vont bien dévoile toutes les mailles du récit qui est en train d’être brodé sous nos yeux, au risque d’évider son potentiel dramatique.

Les enfants vont bien
Partir un jour, sans retour
par Audrey Colard
par Audrey Colard