Effrayé dès la nuit tombée et doux comme un agneau, Laban est un petit fan­tôme pas comme les autres. Bien heureuse­ment, il peut compter sur ses par­ents et sa coquine de petite sœur, Laboli­na, pour gen­ti­ment hanter le bien nom­mé château Frous­sard. Adap­té des célèbres livres pour enfants créés par les Sué­dois Inger et Lasse Sand­berg, Laban le petit fan­tôme racon­te avec intel­li­gence, poésie et humour les petites et grandes frayeurs pro­pres à l’enfance. Un joli film d’animation en 6 épisodes priv­ilé­giant la 2D et réservé – chose rare – aux tout-petits[1].

Découpé en six épisodes, Laban le petit fan­tôme égrène les mésaven­tures agi­tant le quo­ti­di­en du Château Frous­sard. Pour le pre­mier chapitre, Laban se doit d’affronter son manque de con­fi­ance en lui. Alors que sa petite sœur est passée maître dans l’art du hurlement, Laban lui, a bien du mal a sur­pass­er ses peurs. À peine pousse-t-il un petit cri timide bien décidé à « être aus­si effrayant que son papa », que ses angoiss­es noc­turnes le repren­nent. Poussé par les encour­age­ments mater­nels, bon gré, mal gré, il s’aventure dans les couloirs som­bres de la demeure. Mal­heureuse­ment, son cama­rade Sot­tise, le jeune fils du Roi et de la Reine, aurait du mal à voir en lui autre chose qu’un meilleur ami. Même s’il éclate de rire en le voy­ant, ce dernier encour­age Laban dans la voie du prag­ma­tisme: « C’est en faisant que l’on apprend. » Finale­ment, mal­gré ses essais mal­adroits, Laban se ras­sur­era sur sa réelle capac­ité à faire peur. Même s’il le décou­vre par hasard et qu’il se donne lui-même la chair de poule, son manque de con­fi­ance s’a­paise.

Calqué sur un même mod­èle nar­ratif – prob­lème, enquête, réso­lu­tion –, les 5 autres épisodes décli­nent tous leurs his­toires autour de peurs enfan­tines divers­es. Avec l’épisode « Mais où est donc Laboli­na », sont abor­dées la rela­tion frère-sœur et la var­iété des per­son­nal­ités pou­vant exis­ter au sein d’une même fratrie. Dans « La Vis­ite au château » et « Un mon­stre, un vrai », enfants et adultes se posent la ques­tion des croy­ances et des super­sti­tions. Lorsque la poupée de Laboli­na dis­paraît, la colère dévas­ta­trice de la petite fille ne s’apaisera que lorsqu’elle se ren­dra compte de ses pro­pres erreurs. Enfin, Noël approchant à grand pas (« Le Père Noël »), Laban sur­mon­tera une nou­velle fois ses inquié­tudes, heureux de voir qu’il peut encore croire en ses rêves d’enfants.

Volon­tiers péd­a­gogique, Laban le petit fan­tôme se démar­que par une ani­ma­tion sim­ple mais authen­tique (l’aquarelle étant priv­ilégiée pour les fonds). Servi par une voix off fémi­nine intro­duisant les sit­u­a­tions, le film s’en sert égale­ment pour ménag­er le sus­pens par des inter­ro­ga­tions directes à l’attention du jeune pub­lic. Preuve que ses créa­teurs ne pren­nent pas nos (futurs) bout’chous pour des chauves-souris sans cervelle. On frise même la psy­ch­analyse avec une belle scène de stade du miroir ! Enfin, qui dit monde de fan­tômes, dit trou­vailles visuelles bien pen­sées (ô, ce beau sapin truf­fé de chaînes-guir­lan­des !) et humour décalé. Les per­for­mances d’imitatrice de la petite sœur sont d’ailleurs assez savoureuses, aus­si à l’aise dans la peau d’une « saucisse cor­beau » que d’un fer­ry-boat bra­mant dans la brume.

Seule ombre au tableau de cette pro­duc­tion sué­doise[2]: le mélange un peu mal­adroit des dif­férents style d’animation ; la fac­ture des inter­mèdes séparant les 6 seg­ments du film étant un peu déce­vante. L’ensemble reste néan­moins tout à fait trognon et ses valeurs-clefs : ami­tié, sens de la famille et sol­i­dar­ité, n’ont rien à envi­er à celles de Mada­gas­car 2 😉

Notes

Notes
↑1 À par­tir de 2 ans.
↑2 Con­fiée au Stu­dio Pen­n­Film créé par Per Åhlin à la fin des années 1960.