Employée dans une petite entre­prise por­tu­aire de l’Oregon, Fran est une trente­naire soli­taire dont l’existence paraît ternie par la monot­o­nie et le manque d’amour. Un procédé en par­ti­c­uli­er reflète son vague à l’âme : le sur­gisse­ment de visions fan­tas­ma­tiques dans lesquelles Fran s’imagine suc­ces­sive­ment morte dans les bois, pen­due à une grue, recou­verte d’insectes ou ren­ver­sée par une voiture. Son quo­ti­di­en morose vient toute­fois à chang­er lorsqu’un nou­v­el employé, Robert, s’intéresse à elle. Dès l’apparition de ce dernier, la mise en scène délaisse son pro­gramme ini­tial – aus­cul­ter la con­science d’une femme en proie à la dépres­sion – pour en épouser un autre : l’embellissement de la vie, annon­cé par le titre. Ini­tiale­ment icon­o­clastes, les visions se font peu à peu le miroir de la sit­u­a­tion affec­tive de la pro­tag­o­niste, entre désirs, doutes et fluc­tu­a­tions sen­ti­men­tales.

Ain­si détournés de leur fonc­tion de départ – redou­bler la part funeste d’un quo­ti­di­en mor­tifère – les frag­ments oniriques ne parvi­en­nent plus à mas­quer les lieux com­muns et autres pas­sages oblig­és de la comédie roman­tique, de la pre­mière inter­ac­tion mal­adroite à la réc­on­cil­i­a­tion finale, en pas­sant par le ren­dez-vous au ciné­ma et la séquence de sépa­ra­tion lar­moy­ante. En résulte un film à l’image des pro­jec­tions men­tales orig­inelles de la jeune femme : mort, sans grande vital­ité, et surtout à court d’idées.