Impressions hivernales

L’élégante renarde de L’hiver est arrivé qui ouvre ce pro­gramme de sept films, assure en douceur la tran­si­tion avec le précé­dent pro­posé par le dis­trib­u­teur KMBO, sor­ti en sep­tem­bre. Les Fables de Mon­sieur Renard rassem­blait six courts du monde entier, aus­si dif­férents que char­mants, qui met­taient en scène des his­toires de goupils des villes ou des forêts, cru­els ou facétieux, cha­cun dans des tech­niques d’animation dif­férentes. Le dis­trib­u­teur, dont le bon goût en matière de choix de films des­tinés au jeune pub­lic s’affirme avec le temps, pré­pare tran­quille­ment l’hibernation avec ce nou­v­el ensem­ble mag­nifique­ment com­posé. Entre la chaleur des maisons et le froid des forêts, entre la Russie et la Corée du Sud, les sept courts métrages ici rassem­blés sous le titre parvi­en­nent à traduire, tous avec une immense sim­plic­ité, les sen­sa­tions de l’hiver. La qual­ité homogène qui donne une indé­ni­able pat­te au pro­gramme, ne renonce pas pour autant à la var­iété des orig­ines géo­graphiques ou à la diver­sité des tech­niques util­isées, tou­jours dans le respect d’une économie de moyens.

L’hiver est arrivé parvient à mêler des décors en pâte à mod­el­er rel­a­tive­ment lourds avec des détails en den­telle d’une grande finesse. La Petite Mou­fle rouge, invite à s’enfoncer dans une forêt faite de brins de laine pour suiv­re les pas d’une fil­lette qui part à la recherche de son gant per­du. Dans Le Temps des enfants de la Russe Nina Bisya­ri­na, le bes­ti­aire imag­i­naire qui gravite dans la cham­bre d’un petit garçon soli­taire est peint sur du car­ton. La forêt réal­isée en pas­tels étagés dans la pro­fondeur de champ (Lap­ins des neiges) accueille une sémil­lante famille lapin qui ne s’en lais­sera pas con­ter par le loup, bien décidée à se con­sacr­er à la magie de Noël. C’est parce que chaque court réc­it s’embarrasse fort peu d’une nar­ra­tion trop bouclée que l’imagination peut vagabon­der et se laiss­er aller aux sen­sa­tions, et surtout à l’étonnement du sur­gisse­ment des images. Les derniers plans annon­cent la renais­sance du print­emps. Vive­ment.