Pour ce nou­veau pro­jet, le réal­isa­teur Lau­rent Cheval­li­er organ­ise la ren­con­tre d’une classe de col­lège spé­cial­isée dans l’ap­pren­tis­sage de la musique jazz et un groupe venu de Guinée. Au mes­sage vague­ment naïf sur la volon­té d’abolir les fron­tières par la musique, s’a­joute une absence dom­mage­able de par­ti-pris ciné­matographique. Au point de faire de cette ren­con­tre une sim­ple anec­dote télévi­suelle.

Pas­sion­né de musique jazz, le réal­isa­teur Lau­rent Cheval­li­er a con­sacré la plu­part de ses travaux ciné­matographiques à la ren­dre plus facile d’ac­cès auprès du grand pub­lic. Après avoir dressé le por­trait de Momo le doyen|critique du film Momo le doyen, il s’in­téresse cette fois au par­cours d’une classe d’un col­lège de Mar­ci­ac qui a la par­tic­u­lar­ité de suiv­re une option musique et plus spé­ci­fique­ment jazz. Forts de cette pas­sion peu com­mune par­mi les jeunes ado­les­cents, les élèves vont inviter dans leur école le groupe de musique africaine Fölifö afin de créer des cor­re­spon­dances entre le jazz et ses orig­ines. A cette pre­mière par­tie survien­dra un sec­ond dépayse­ment : la décou­verte de la Guinée et de ses rythmes trib­aux.

Dif­fi­cile de ne pas louer la générosité d’un pro­jet comme celui-ci lorsque l’ob­jec­tif affiché est de faire tomber les murs de l’ig­no­rance et faire reculer l’in­tolérance. Dif­fi­cile aus­si de ne pas être séduit par l’é­ton­nante vital­ité qui émane de ces jeunes musi­ciens en herbe désireux de s’ou­vrir de nou­veaux hori­zons afin de nour­rir tou­jours plus leur créa­tiv­ité. Mais voilà, les bonnes inten­tions ne font pas un bon film, surtout lorsque le réal­isa­teur fait preuve d’une absence totale de par­ti-pris ciné­matographique et se con­tente d’une mise en image plate et redon­dante.

Expéri­ence africaine a donc l’ap­pli­ca­tion louable d’un exposé soigneuse­ment divisé en deux par­ties (une pre­mière par­tie en France, une sec­onde en Afrique) mais qui ne ferait preuve d’au­cun génie par­ti­c­uli­er. Le réal­isa­teur s’en tient à capter cette ren­con­tre artis­tique et cul­turelle sans rien anticiper sur le mon­tage, sans pren­dre la peine de con­stru­ire des per­son­nages aux­quels on peine à s’i­den­ti­fi­er par faute d’en­jeux. En l’é­tat, le film fait plus office de reportage pour la télévi­sion que de véri­ta­ble doc­u­men­taire de ciné­ma dis­tribué à juste titre dans les salles obscures.