Il fal­lait s’en douter : pour un Mes meilleures amies qui parvient à faire pleur­er de rire en mon­trant notam­ment une bande de copines foudroyées par une impi­toy­able intox­i­ca­tion ali­men­taire, les stu­dios améri­cains vont con­tin­uer à nous abreuver de navrantes resucées du déjà pass­able­ment con­ster­nant Very Bad Trip avec ami­tié improb­a­ble entre per­son­nages que tout oppose, humour riche en calo­ries et beau­coup, beau­coup de gags peu ragoû­tants. Lorgnant dés­espéré­ment du côté des comédies des frères Far­rel­ly (sans la ten­dresse pour les freaks en tous gen­res) et des pro­duc­tions de Judd Apa­tow (sans la sincérité geek et l’am­bi­tion un peu folle qui fai­sait la réus­site de Fun­ny Peo­ple), cet Échange stan­dard décroche la tim­bale de la plus éprou­vante comédie caca-prout de ces dernières années. C’est dire.

L’his­toire, déjà racon­tée mille fois, est celle de deux potes qui, après avoir pis­sé dans une fontaine mag­ique, se réveil­lent un matin en ayant échangé leurs corps. Dave, accro au tra­vail, mari et père frus­tré et épuisé, se retrou­ve donc dans les abdos de Mitch, grand con los­er qui passe le plus clair de son temps à essay­er d’avoir un début de car­rière de comé­di­en dans des soft porn sor­dides. Cha­cun des deux abrutis va pass­er la qua­si-total­ité du film à sabot­er la vie de l’autre tout en apprenant une splen­dide leçon de vie. Car, voyez-vous, le plus impor­tant, c’est la famille : sans elle, on n’est rien. Après avoir enfilé ses doigts dans l’ar­rière-train d’une actrice de X sur le retour à la gigan­tesque poitrine arti­fi­cielle et essayé d’emballer sa col­lègue de tra­vail, le pau­vre Dave (dans la peau du bôgosse Mitch) ren­tre fis­sa la queue entre les jambes retrou­ver sa chère épouse, si sexy mal­gré ses prob­lèmes de con­sti­pa­tion : cette belle prise de con­science lui per­me­t­tra de retrou­ver ses traits d’Améri­cain moyen plus du tout ten­té par le vote Démoc­rate (quelle tristesse de voir Jason Bate­man se com­pro­met­tre dans pareille daube). Mitch, lui, aura appris à tra­vailler dur en se glis­sant dans la vie du volon­taire Dave, mais n’au­ra pas non plus réus­si à main­tenir son érec­tion devant la femme de son meilleur pote (bah oui, c’est sacré). Les gags les plus gore ont beau s’en­chaîn­er avec la volon­té évi­dente de cho­quer l’Améri­cain lamb­da, rien ne provoque plus de dégoût que l’ig­no­ble dis­cours réac prôné par les “auteurs” de ce cauchemar. Dif­fi­cile de s’en remet­tre.