À l’occasion des Soirées du ciné­ma ukrainien, la sélec­tion de courts-métrages est une fenêtre sur cour. La pro­duc­tion ciné­matographique ukraini­enne béné­fi­cie d’un renou­veau depuis 1998, le for­mat court donne un aperçu de ce jeune ciné­ma. La pro­gram­ma­tion de qual­ité pro­pose des films primés et n’oublie aucun genre : notam­ment Taxi Dri­ver pour la fic­tion, Against the Sun pour le doc­u­men­taire, On the Edge pour l’animation.

Le noir et blanc est à l’honneur, une manière tranchée de par­ler des con­flits généra­tionnels. La jeunesse est cen­trale, dans Against the Sun, il s’agit d’un jeune poti­er aspi­rant à l’art et l’amour; tan­dis que le héros de Taxi Dri­ver cherche à se mari­er avec une jeune femme.

Avec ses thèmes de mœurs, on se réfère d’instinct à l’œuvre human­iste de Jean Renoir, pour très vite bas­culer dans une image nerveuse et une bande son élec­tro qui intu­itive­ment nous évo­quent Jim Jar­musch. Cette esthé­tique, et ce sens du cadre trahissent une cinéphile cer­taine. La zone indus­trielle, por­tu­aire dans Taxi Dri­ver, plante un décor prop­ice à la fic­tion sociale. Et pour­tant l’humour ne fait pas défaut, surtout dans On the Edge : c’est « l’œil neuf » sur le monde.

Évidem­ment cette fenêtre sur cour ne mon­tre pas tout de nos voisins. Rideaux tirés, volets bais­sés : le film court n’est pas un rac­cour­ci de ciné­ma, au con­traire, il s’attache à pro­longer la curiosité et la réflex­ion à pro­pos de ce ciné­ma ukrainien, si loin, si proche.