Comme au bon vieux temps

Près de qua­tre ans après leurs pre­miers pas, Petit Pois et Gros Point revi­en­nent sur les écrans dans de nou­velles aven­tures. Entre-temps, Les Films du Préau, dis­trib­u­teur français des deux petits per­son­nages sué­dois, ont assuré une exploita­tion de longue haleine, com­plétée par le vagabondage des deux héros dans des pro­grammes mélangeant de films de plusieurs auteurs, comme En prom­e­nade. Cela aura suf­fi à faire de ces aven­tures à la décou­verte du petit monde de tous les jours un incon­tourn­able du film pour le très jeune pub­lic. Dev­enues stars, les deux créa­tures aux faux airs de lap­ins n’en ont pas moins con­servé leur petite vie tran­quille dans l’intérieur coquet qu’elles parta­gent.

La fantaisie du quotidien

« Voici Petit Point et Gros Pois. L’un a des points, l’autre a des pois. Et ils sont très heureux comme ça ! » On aimerait que la voix off s’en tienne à cette phrase, sorte de for­mule mag­ique pour con­vo­quer et pren­dre con­gé des deux créa­tures. Il est dom­mage que, un peu trop présent, le com­men­taire force par trop d’explications le sens des mys­térieux glapisse­ments des deux amis. Car l’application portée aux détails des cos­tumes, des décors et des acces­soires parvient à créer un monde très sin­guli­er. Le jeu sur les formes qui se répon­dent et se trans­for­ment prend même des allures de mise en abyme quand les deux mar­i­on­nettes passent en cui­sine pour y fab­ri­quer des boules de pain et de choco­lat qui évo­quent par leur forme et leur tex­ture la fab­ri­ca­tion des mar­i­on­nettes elles-mêmes. Les points se mul­ti­plient sur le corps de Gros pois et Petit Point lors d’un accès de vari­celle, ou dans le décor pen­dant une balade en forêt. Ils saut­ent de bas en haut à la faveur des acro­baties que s’efforcent de faire les deux amis après un spec­ta­cle de cirque, ou devi­en­nent menaçant lors d’une nuit de fièvre. Le cauchemar déli­rant que fait alors Petit Point va comme par magie se trans­pos­er dans l’épisode suiv­ant. Les deux per­son­nages qui ont taché leurs chaus­sures dans des flaques d’eau vont en acheter d’autres dans une mys­térieuse maison­nette ambu­lante, se déplaçant sur des pattes de poules. Un étrange forain en fait appa­raître plusieurs paires, dont des escarpins bril­lants qui rap­pel­lent ceux que porte Dorothy lorsqu’elle quitte le pays d’Oz pour revenir dans son Texas natal. Une fois encore, le téle­sco­page entre fan­tas­tique et réal­ité quo­ti­di­enne fait appa­raître le regard plein de naïveté et de curiosité que ces créa­tures qui sem­blent venues d’ailleurs por­tent sur le monde qui les entoure. Un regard d’enfants, en somme.