[Com­péti­tion inter­na­tionale]

Il s’ag­it d’un film sim­ple et plein de grâce, mar­qué par une dureté sous-jacente : un jeune acro­bate cairote d’en­v­i­ron dix ans rêve d’ap­partenir au Cirque Nation­al Égyp­tien. Il pra­tique l’i­car­i­an­isme, dis­ci­pline con­sis­tant à voltiger sous l’ef­fet des pieds d’un parte­naire, ici le mas­sif Kamal, allongé sous lui. L’usage du gros plan fait mer­veille pour saisir les entraîne­ments, les per­for­mances sont décon­stru­ites pour laiss­er appa­raître les détails des con­tor­sions du corps. La tristesse d’un enchaîne­ment mal accom­pli ou le ric­tus pudique et con­tenu d’un con­tente­ment s’in­scrivent sur le vis­age angélique. Avec des plans plus larges, la caméra le présente aus­si dans son quo­ti­di­en et son intim­ité, on ressent une très belle rela­tion de con­fi­ance et de com­plic­ité entre le filmeur, qui fut lui-même acro­bate, et son sujet. Over Jor­den, Under Himlen est un film limpi­de sur la con­vic­tion des rêves d’en­fant, tout en lais­sant ouverte la ques­tion du devenir adulte de ce corps agile et léger.