Un médecin de São Paulo, trop soucieux de maîtris­er sa vie, sup­porte mal les remous qui la chahutent et lui annon­cent son échec : sa sépa­ra­tion avec son épouse, l’éloigne­ment de son fils, l’at­ten­tion que porte à celui-ci son pro­pre père, con­tre qui il garde vis­i­ble­ment de vieilles ran­cunes. Sur ces entre­faites, le fils part sans prévenir per­son­ne, à cheval dans l’ar­rière-pays. Par­ti à sa recherche, le père va devoir renon­cer à ses cer­ti­tudes et repren­dre le con­tact avec ses aspi­ra­tions pro­fondes.

La moitié de ce résumé, on l’a déjà anticipée au bout des dix pre­mières min­utes ; et l’autre moitié ne sur­prend guère quand on la décou­vre. C’est qu’il n’y a rien, dans ce road-movie intimiste, qui ne relève du lieu com­mun, de la leçon de vie bon marché, du slo­gan pub­lic­i­taire pour affiche et note d’in­ten­tion, de la révéla­tion si pré­parée qu’elle en est prévis­i­ble, le tout accom­pa­g­né d’il­lus­tra­tions défraîchies par l’abus (la mai­son en chantier comme sym­bole d’une vie à la con­struc­tion chao­tique, les lunettes brisées, la douleur qui se libère en un long hurlement, le fleuve pour renaître, etc.). Ce n’est pas qu’on n’aimerait pas y croire, puisque même les lieux com­muns sont — ou ont été un jour, dans d’autres films — basés sur une cer­taine réal­ité ; ni qu’on n’aimerait pas appréci­er les quelques réelles embardées du voy­age, comme ce moment de relâche­ment de bride où le père vole le télé­phone mobile d’un vieil­lard et doit s’en­fuir sous les jets de pro­jec­tiles des vil­la­geois. Mais l’ensem­ble relève telle­ment de l’ad­di­tion de for­mules toutes faites, même exé­cutées avec soin avec une légère esthéti­sa­tion fig­u­rant l’é­gare­ment sen­soriel (l’éblouisse­ment en par­ti­c­uli­er), que même l’é­mo­tion qu’il pour­rait véhiculer se trou­ve con­t­a­m­inée par l’ar­ti­fice académique — et que quelque part, dans ce voy­age, on se sent en meilleure com­pag­nie en restant sur le bord de la route.