En 1993, ils avaient « mar­qué » favor­able­ment le pub­lic par leurs tribu­la­tions comiques et leur mal­adresse attachante, jusqu’à même rem­porter le césar de la meilleure pre­mière œuvre. Près de 20 ans plus tard, en fic­tion comme dans la vie réelle, les Incon­nus ten­tent de reformer le trio pop­u­laire de l’époque. Les trois frères auront-ils eu rai­son de leur come-back ? La réponse sera aus­si courte que le résul­tat est défini­tive­ment affligeant.

Un mauvais départ

Ils n’ont presque rien en com­mun, sauf peut-être leur pro­pre mère… et un cer­tain goût pour le men­songe. Réu­nis à l’occasion de la mort de cette dernière, les trois frères, qui s’étaient jusqu’à présent volon­taire­ment éloignés, sont con­traints à des retrou­vailles for­cées. Lorsque le pre­mier (Pas­cal Légitimus) se retrou­ve étriqué par une vieille bour­geoise acar­iâtre, que le sec­ond (Didi­er Bour­don) tente de cacher à son entourage une activ­ité peu glo­rieuse (la vente inter­net de sex-toys) et que le dernier (Bernard Cam­pan) tente de lam­en­ta­ble­ment percer grâce à un one-man-show, on peut facile­ment dire que les trois frères mor­dent bien mal­gré eux la pous­sière, en atten­dant dés­espéré­ment des jours plus heureux (un héritage pour les deux pre­miers, un suc­cès sur­prise pour le dernier).

Cha­cun tente donc de se dépa­touiller avec une exis­tence mis­érable, mais c’est sans compter sur l’intervention d’un dou­ble sort du des­tin, qui les pousse à se coltin­er les cen­dres de leur mère défunte, et à faire con­nais­sance avec Sarah, l’adolescente sup­posée de l’un d’entre eux (Bernard Latour). Après le jeune Michael du pre­mier opus, c’est au tour de cette ado, pour­suiv­ie par un caïd de cité, d’être prise en charge par les trois frères. Seule­ment, les mêmes ingré­di­ents peu­vent-ils de nou­veau aboutir au même gage de suc­cès ?

La soupe populaire

Rien ne paraît moins facile. En ten­tant de repro­duire les élé­ments qui avaient signé le suc­cès pop­u­laire du pre­mier épisode, le film accu­mule les mau­vais gags. Dès la pre­mière par­tie du film, le principe d’exagération appa­raît claire­ment comme le ressort comique prin­ci­pal de la réal­i­sa­tion. La vieille bour­geoise acar­iâtre, l’épouse envahissante ou l’avocat véreux, les per­son­nages cen­sés par­ticiper ici à la tribu­la­tion comique devi­en­nent rapi­de­ment des out­ils de repro­duc­tion des pires clichés, trop atten­dus pour être réelle­ment effi­caces, trop pri­maires pour être suff­isam­ment élaborés, et empêchent tout ten­ta­tive de renou­velle­ment comique.

La réal­i­sa­tion se réduit dès cet instant à une com­pi­la­tion som­maire de sit­u­a­tions atten­dues, symp­to­ma­tiques d’un manque d’inventivité et de la pau­vreté de l’intrigue scé­nar­is­tique. Les répliques cultes du pre­mier épisode lais­sent rapi­de­ment place à des échanges dia­logués plats, dont l’effet comique est ren­du stérile, à la lim­ite du sup­port­able dès lors qu’il est accen­tué par les mim­iques pro­pres aux Incon­nus (les « pépètes » en rafale et autres tics lan­gagiers). Le film s’apparente alors à la pale reprise de cer­tains per­son­nages (et acteurs) du pre­mier opus et de sit­u­a­tions dont la par­faite simil­i­tude par rap­port au pre­mier suc­cès (le pil­lage en direct d’une émis­sion filmée, la con­som­ma­tion involon­taire de stupé­fi­ants…) trahit un évi­dent prob­lème d’originalité. Même si elle est donc présente, la cor­re­spon­dance thé­ma­tique n’aura finale­ment servi que d’artifice, comme de cache-mis­ère pour un film indi­geste, très vraisem­blable­ment écrit et cod­i­fié avec la rapid­ité fla­grante des œuvres trop ambitieuses et des suites inutiles.