Trois courts métrages d’animation réal­isées à par­tir de papiers découpés et de pein­ture sur aquarelle sont regroupés sous le titre des Amis ani­maux, réal­isés par l’illustratrice sué­doise Eva Lind­ström d’après ses pro­pres albums. Réc­its d’indépendance, comme sou­vent dans le ciné­ma pour les tout petits, ces his­toires met­tent en scène deux poussins per­dus dans la forêt suite à une par­tie de chas­se aux papil­lons, une bre­bis fugueuse qui aimerait bien qu’on se mette à sa recherche, et enfin, un hibou, esseulé dans la vie urbaine et con­traint de tra­vailler dans un mag­a­sin de brico­lage où on attend de lui qu’il perce des trous à longueur de journée.

Si le trait de pein­ture reste tou­jours appar­ent, le beau tra­vail sur la pro­fondeur de champ est mis en valeur par le souci porté à l’éclairage. Dans Une journée chez les oiseaux la maman poule cherche ses deux petits à la nuit tombée avec une lampe qui éclaire cer­taines par­ties de l’image et met en scène le change­ment de lumière du jour à la nuit, à tra­vers la vari­a­tion des couleurs d’un même dessin. Jouant sur le décalage entre la nature et la ville, les élé­ments rel­e­vant de la vie ani­male et ceux que les per­son­nages emprun­tent à la vie des humains (les ani­maux regar­dent la télévi­sion, télé­pho­nent ou envoient des let­tres), ces réc­its nav­iguent entre humour, con­tem­pla­tion de la nature et un brin de sus­pense lorsque de Louis le hibou ren­con­tre Jérôme, con­génère peu fréquentable.