La 24e édi­tion du fes­ti­val Pre­miers Plans d’Angers vient tout juste de se ter­min­er. Deux jours pour voir ce pro­gramme dense et chargé c’est for­cé­ment trop peu, mais en voici un rapi­de aperçu.

Le fes­ti­val d’Angers a été créé en 1989 avec la voca­tion de décou­vrir les nou­veaux regards du ciné­ma européen, et de met­tre en avant cette jeune créa­tion. La sélec­tion donne un très bon aperçu des pre­miers longs et courts métrages réal­isés cette année. Notons par­mi les titres fam­i­liers le très beau pre­mier film de Mila­gros Mumen­thaler, Abrir Puer­tas y Ven­tanas qui avait gag­né le Léopard d’Or à Locarno cette année, et un autre coup de cœur, Sur la planche de Leïla Kilani (qui sort le mer­cre­di 1er févri­er en salles), déjà repéré à la Quin­zaine des réal­isa­teurs. Dans les décou­vertes du fes­ti­val fig­ure sans con­teste le film L’Âge atom­ique d’Héléna Klotz qui vient de rem­porter le prix du Jury des longs métrages français, accordé par un jury présidé par Christophe Hon­oré. Par­al­lèle­ment à ces pre­miers films, le fes­ti­val organ­ise des rétro­spec­tives qui étaient cette année assez alléchantes : une reve­nait sur la fil­mo­gra­phie de Godard à tra­vers la plu­part de ses films mar­quants, une autre était con­sacrée aux rares films d’Alan Clarke et enfin la troisième con­cer­nait la danse au ciné­ma. Mal­gré une pro­gram­ma­tion dédiée à des pre­miers films et donc par essence plutôt frag­iles, le fes­ti­val parvient à réu­nir plus de soix­ante dix mille spec­ta­teurs.

La sélec­tion est com­posée de telle sorte à met­tre en avant des réal­isa­teurs dont le tra­vail n’a pas encore été décou­vert. Le court métrage Fais cro­quer de Yas­sine Qnia vaut le coup d’œil. On y racon­te l’histoire d’un jeune cinéaste qui tente de réalis­er un court métrage dans sa cité, mais se con­fronte rapi­de­ment aux vel­léités de gloire de cha­cun et aux dif­férentes moti­va­tions qui vari­ent selon les jours. Traité sur un mode tra­gi-comique assez inédit, car ce n’est ni du ciné­ma social réal­iste, ni une comédie à la Jamel Deb­bouze, ce court métrage inau­gure de nou­velles représen­ta­tions sur les jeunes des ban­lieues en les mon­trant cinéphiles désireux de don­ner eux-mêmes leurs pro­pres représen­ta­tions avec leurs codes, leurs références et leurs manières de s’exprimer (et non plus d’accepter ce qu’on dépeint d’eux). Autre film déjà évo­qué plus haut, L’Âge atom­ique d’Héléna Klotz, racon­te la virée noc­turne de deux jeunes parisiens. Le film com­porte cer­taines ressem­blances avec le style de Leos Carax, notam­ment à tra­vers le roman­tisme, mais égale­ment dans la poésie de l’urbain, faisant de Paris un lieu d’errance et d’inspiration pour les deux jeunes pro­tag­o­nistes, Vic­tor et Rain­er (dont le prénom est sans équiv­oque une référence à Goethe). Les scènes hyp­no­tiques de danse fig­urent la perte de repères au sein de la ville parisi­enne, où le jour ne sem­ble plus jamais pou­voir se lever. Cette perte de repères est appréhendée avec une cer­taine ironie, comme le dit les paroles de la chan­son d’Elli et Jac­no aux­quelles le film emprunte son titre : « on dit que tout va sauter, oui ça nous fait rigol­er ». Une sélec­tion des films primés, courts et longs con­fon­dus, sera mon­trée le 7 févri­er à 18h30 au Forum des Images.