Mal­adresse ou pré­ten­tion ? Philippe Ramos a bien mal engagé la séance avec un inter­minable one man show nar­cis­sique sur la dif­fi­culté de mon­ter un pro­jet sin­guli­er aujour­d’hui (ce qui est vrai, c’est enten­du) – one man show qui l’a vu, entre deux blagues laborieuses, se met­tre à genou puis s’allonger, ne lais­sant pas son équipe dire un mot. On avait aimé Cap­i­taine Achab entre autres pour sa folle ambi­tion, et sans doute faut-il quelque hyper­tro­phie de l’ego pour l’avoir, cette ambi­tion. Relec­ture du cal­vaire de Jeanne d’Arc, Jeanne cap­tive n’en manque évidem­ment pas. Sauf que, dénué de la déli­catesse et du souf­fle qui tra­ver­saient Cap­i­taine Achab, il fran­chit la lim­ite entre ambi­tion et pré­ten­tion, risque et ridicule.

Ramos a filmé et mon­té le film tout seul. Résul­tat : une absence de sens de la lumière qui, si elle ne nuit pas aux plans de paysages, rend les scènes d’intérieur assez laides ; un cadrage à l’instinct pas très inspiré ; une direc­tion d’acteur approx­i­ma­tive qui tue dans l’œuf toute fas­ci­na­tion ou émo­tion ; et un réc­it sans rythme, ponc­tué de ralen­tis bien cheap… Ça hésite entre l’épique, le mys­tique (voire le big­ot) et l’intime, ça s’étire solen­nelle­ment, ça frôle l’a­cadémisme, ça intro­duit de nou­veaux per­son­nages quand on croit que c’est enfin fini… Bref, ça déçoit.