Pro­duc­teur, scé­nar­iste et réal­isa­teur : le sep­tu­agé­naire John Tra­vol­ta a mul­ti­plié les cas­quettes pour son pre­mier long-métrage (on l’aperçoit même briève­ment à la fin). Adap­té de son roman éponyme paru en 1997, ce film en forme de car­net de voy­age feuil­leté durant une petite heure se résume ni plus ni moins à son titre : soit un vol de nuit entre New York City Idlewild et Los Ange­les. Le per­son­nage prin­ci­pal est un enfant de huit ans pas­sion­né d’aviation qui assou­vit son rêve en effec­tu­ant son pre­mier périple aérien en com­pag­nie de sa mère céli­bataire Helen, une actrice de sec­onds rôles. Ce gamin attachant n’est autre que Tra­vol­ta lui-même, qui met ici en images le sou­venir de son expéri­ence mémorable lorsqu’il a mis les pieds dans un avion Con­stel­la­tion de la TWA, à l’orée des années 1960.

La nos­tal­gie tourne à plein régime : intérieurs d’aéroport art déco, cab­ines cosy, moquettes douil­lettes, sons étouf­fés, per­son­nel atten­tion­né… L’avion est un cocon fan­tai­siste com­plète­ment déréal­isé, appréhendé unique­ment du point de vue de l’enfant. Même si l’idée pou­vait s’avérer stim­u­lante, Tra­vol­ta n’est pas Lin­klater – autrement dit, ce n’est pas un cinéaste. Sa vision de l’enfance reste figée dans un passé plus morne qu’en­chanteur ; elle con­siste à accu­muler une série d’instantanés dépourvus de pro­fondeur, tout en recourant à une inces­sante voix off (la sienne), qui s’attache à décrire ce que l’on voit pour­tant bien sans elle. Comme rien ne se pro­duit vrai­ment à l’image, l’insistance est mise sur la nar­ra­tion. Au final, Vol de nuit pour Los Ange­les s’apparente essen­tielle­ment à un caprice de star bien entourée (la plu­part des acteurs sont d’ailleurs des mem­bres de sa famille).