Loin des qual­ités de Girl­fight, le nou­veau film de Karyn Kusama, Æon Flux, est un film banal, ennuyeux et très déce­vant. La réal­isatrice sem­ble n’avoir pris aucun recul par rap­port à ce pur pro­duit de con­som­ma­tion, sur­fant sur les modes thé­ma­tiques et esthé­tiques de notre époque sans rien y apporter de neuf.

Æon Flux (Char­l­ize Theron) est une jeune femme qui vit dans un monde futur­iste. Les hommes ont dis­paru de la sur­face de l’hu­man­ité à 99% après une épidémie. Juste une minorité survit dans une sorte de société idéale à l’aspect total­i­taire. Mais Æon Flux rejoint la résis­tance qui se met en place pour sauver une fois encore le monde et met­tre à nu les crimes qui se tra­ment…

Six années sépar­ent Girl­fight de Æon Flux. Du film indépen­dant pro­duit par John Sayles et primé à Sun­dance à la pro­duc­tion Para­mount et MTV, Karyn Kusama ne sem­ble pas avoir eu la volon­té de fon­dre son tal­ent de cinéaste dans le block­buster. Elle s’y com­pro­met totale­ment, per­dant toute recherche per­ti­nente et per­son­nelle ; elle ne livre qu’un objet de pure con­som­ma­tion. Le scé­nario, qui reprend tous les thèmes en vogue depuis quelques années dans la sci­ence-fic­tion con­tem­po­raine (clon­age, perte de l’hu­man­ité, com­plot général­isé.…), est d’une banal­ité rare. Quelque part entre Matrix pour l’his­toire et Tomb Raider pour l’aspect jeu vidéo, Æon Flux peine à nous tenir en haleine par ses rebondisse­ments prévis­i­bles et sa sat­u­ra­tion d’im­ages numériques des plus laides.

Une his­toire aus­si épaisse que la ficelle du string de Char­l­ize Theron, en somme. Car l’ac­trice n’arrange mal­heureuse­ment rien à l’af­faire, sa présence se lim­i­tant à un décol­leté plongeant et une paire de fess­es moulée dans une com­bi­nai­son. Pas crédi­ble pour un sou et inca­pable d’ex­primer quoi que ce soit dans ce type de rôle, elle s’y ridi­culise tout autant que la réal­isatrice. Loin des per­son­nages de guer­rières qui envahissent nos écrans, de Kill Bill à la série Alias, Æon Flux som­bre dans le ridicule du nanar même pas drôle. Plus proche du clip Tox­ic de Brit­ney Spears que de tout autre pro­duc­tion digne de ce nom, le film provoque la tristesse de voir la réal­isatrice d’un joli film plein de promess­es et de chaleur comme Girl­fight, som­br­er dans la daube MTV. Le spec­ta­teur, lui, aura per­du deux heures de son temps.