La pein­ture que fait Planète B d’un futur dystopique est à l’image du film : brouil­lonne. L’action se situe en 2039, à l’heure où une France autori­taire enferme ses opposants (ici, des « écoter­ror­istes ») dans une prison virtuelle en forme d’île isolée – la planète B. De ce pos­tu­lat, Aude Léa Rapin tire une série de visions con­v­enues qui cade­nassent son film dans un imag­i­naire assez daté. Pour fig­ur­er la vir­tu­al­ité de l’île, la cinéaste mon­tre par exem­ple les per­son­nages échoués sur une plage se heurter con­tre des murs invis­i­bles. Il en va de même pour représen­ter le futur délétère du pays, entre QR codes échangés au sein d’intérieurs cyber­punks et souter­rains cou­verts de graf­fi­tis où se ter­rent les résis­tants au pou­voir.

Pas aidé par un scé­nario éparpil­lé, qui entrelace deux tra­jec­toires – celles de Julia (Adèle Exar­chopou­los), activiste cap­tive de la planète B, et de Nour (Souheila Yacoub), migrante infil­trée dans la prison par le biais d’un casque de réal­ité virtuelle –, le film mul­ti­plie ain­si les pistes lais­sées en friche, tout en ressas­sant par­fois les mêmes idées (les scènes d’hallucinations, qui tour­nent en rond). En découle un agré­gat d’idées déjà vues : la « planète B », le décalque illu­soire, c’est au fond le film.