Pre­mier biopic con­sacré à une sportive française (c’est même l’argument mar­ket­ing pre­mier du film), Marinette racon­te l’histoire de Marinette Pichon, attaquante inter­na­tionale et star du foot­ball féminin. De sa petite enfance à sa retraite en tant que joueuse en 2007, en pas­sant par ses pre­miers pas­sages à Claire­fontaine avec les Bleues, le film de Vir­ginie Ver­ri­er retrace avec appli­ca­tion et académisme une série d’épisodes décisifs qui émail­lent la vie de cette fig­ure qua­si chris­tique. Le film alterne ain­si sage­ment les scènes de con­sécra­tion et de désil­lu­sion en procé­dant à des ellipses dras­tiques, quitte à laiss­er le foot sur la touche. Car la mise en scène, con­sti­tuée en majeure par­tie de gros plans empha­tiques, est avant tout opti­misée pour dress­er le por­trait mélo­dra­ma­tique de Pichon. Ses exploits sur le ter­rain pèsent peu face au tumulte de sa vie per­son­nelle, qu’il s’agisse de son éveil à la sex­u­al­ité, de ses échecs amoureux, de sa prox­im­ité émo­tion­nelle avec sa mère ou encore des mau­vais traite­ments qu’elle subit, à chaque retour au foy­er, de la part de son père alcoolique et vio­lent, qui finit der­rière les bar­reaux.

Du foot­ball, on ne voit donc pra­tique­ment rien, d’autant que lorsqu’elle appa­raît sur le ter­rain, Pichon sem­ble jouer toute seule. C’est l’un des prob­lèmes récur­rents des fic­tions foot­bal­lis­tiques cen­trées sur un seul et unique per­son­nage (on se rap­pelle de la trilo­gie Goal, cas d’école en la matière) : celui d’ignorer que le foot est un sport col­lec­tif, en préférant par facil­ité la logique indi­vid­u­al­iste et dra­maturgique du gros plan à celle, plus col­lé­giale, du plan large.