En suiv­ant la dou­ble enquête menée par deux agents sud-coréens se sus­pec­tant l’un l’autre d’être une taupe au ser­vice de la Corée du Nord, Hunt fait directe­ment écho à un autre thriller sud-coréen récent, The Spy Gone North, dans lequel un agent du Sud était envoyé de l’autre côté de la pénin­sule pour espi­onner le voisin com­mu­niste. Le par­al­lèle va même plus loin, puisque Hunt s’ouvre exacte­ment de la même manière, avec des inter­titres livrant quelques élé­ments de con­texte his­torique sur fond d’images d’archive. Les années passent et les films se ressem­blent. Réal­isé par l’acteur Lee Jung-jae, tête d’affiche de Squid Game, Hunt com­pile en effet tous les pon­cifs d’un genre qui, s’il se dis­tin­guait au départ par son out­rance rafraîchissante, relève aujourd’hui d’une forme d’académisme mol­las­son.

Prévis­i­bles d’un bout à l’autre, la plu­part des scènes de ten­sion se con­clu­ent par des hurlements et des coups de sang vir­ils, le dys­fonc­tion­nement et la cor­rup­tion qui gan­grè­nent la société sud-coréenne trou­vant matière à s’incarner dans des corps ren­dus soudaine­ment hys­tériques. Cette stratégie fait par­fois encore un peu mouche (comme dans cette scène de bagarre générale dans les couloirs d’un hôpi­tal bondé), mais on com­mence, pour être hon­nête, à con­naître la chan­son par cœur, surtout lorsque le film pioche dans les mêmes références que ses prédécesseurs (par exem­ple le ciné­ma de Michael Mann, pour les scènes de fusil­lades urbaines). L’affrontement final autour d’une ambas­sade thaï­landaise aurait pu, sur le papi­er, con­stituer un vrai petit morceau de bravoure, si seule­ment le mon­tage n’était pas en pilotage automa­tique. Car c’est bien que ce nous ren­seigne Hunt sur le genre auquel il appar­tient : réplic­a­ble sans efforts, la for­mule ne pro­duit désor­mais que des ersatz sans saveur.