Dans l’Amérique des années 1950, Alice Cham­bers (Flo­rence Pugh) file le par­fait amour avec Jack (Har­ry Styles) au sein d’une com­pa­ny town où tout sem­ble réglé au mil­limètre près. Un beau jour, Alice perçoit une anom­alie dans le ciel et prend con­science que son utopique bour­gade est en réal­ité une prison dont elle va devoir s’échapper… Non, Don’t Wor­ry Dar­ling n’est pas un remake hor­ri­fique de The Tru­man Show, bien qu’il en reprenne l’intégralité du scé­nario : présen­ta­tion d’un quo­ti­di­en par­faite­ment choré­graphié, dérè­gle­ment inex­pliqué de cette rou­tine, puis révéla­tions en cas­cade et tra­ver­sée du miroir après une ultime séquence de fuite. À l’exception d’un angle anti-patri­ar­cal atten­du (le geôli­er, c’est le mari), dif­fi­cile de vrai­ment dis­tinguer la sin­gu­lar­ité du film d’Olivia Wilde par rap­port à ceux dont ils s’inspirent[1]. Les ingré­di­ents (et pon­cifs) qui car­ac­térisent les dystopies bau­drillar­di­ennes – celles où la société entière n’est, au fond, rien d’autre qu’une image repliée sur elle-même – s’y trou­vent com­pilés sous la forme d’un bin­go fade et con­venu. Des sci­en­tifiques adeptes de la répres­sion psy­chi­a­trique s’allient à des entre­pre­neurs-gourous, tan­dis qu’une poignée d’effets bon marché illus­trent sans relief les quelques moments où la matrice se dérè­gle. Tout y est, sans excep­tion, jusqu’à un twist on ne peut plus car­i­cat­ur­al (tout ceci n’était, en fait, qu’une illu­sion). L’enfer con­formiste et nor­matif que dépeint Don’t Wor­ry Dar­ling, où tout paraît pré-cal­culé jusqu’à la nausée, n’est-ce pas sim­ple­ment le film lui-même ?

Notes

Notes
↑1 Par­mi lesquels Mid­som­mar, Flo­rence Pugh répé­tant la même par­ti­tion de girl next door qui ne cesse de tomber des nues, regard out­ré et bouche entrou­verte.