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Highest 2 Lowest

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de Spike Lee

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de Spike Lee

Yo low


Yo low

Le nou­veau « Spike Lee joint », High­est 2 Low­est, est une adap­ta­tion bling-bling d’un roman déjà porté à l’écran par Aki­ra Kuro­sawa (Entre le ciel et l’enfer), dont l’intrigue est ici trans­posée dans le milieu de l’industrie musi­cale à New York. Soit l’histoire de King (Den­zel Wash­ing­ton), dont le fils est la cible d’un kid­nap­ping qui tourne mal : c’est finale­ment celui de son assis­tant (Jef­frey Wright) qui est enlevé, ce qui n’empêche pas les ravis­seurs de réclamer au busi­ness­man 17,5 mil­lions de dol­lars pour sa libéra­tion. À pre­mière vue, le titre du film ren­voie aux fluc­tu­a­tions du statut de King, auteur de plusieurs coups gag­nants (le rachat des parts de son label) et de déboires (la men­ace qui plane sur sa for­tune). Une autre hypothèse s’impose toute­fois, à mesure que des scènes dra­ma­tiques d’un pre­mier degré assez décon­cer­tant se trou­vent désamor­cées par une série de gags grotesques (Den­zel qui shad­ow box avant de con­fron­ter l’antagoniste du réc­it, Jef­frey Wright qui marche en mimant l’allure d’un vieux gang­ster, ASAP Rocky ne pou­vant s’empêcher de finir toutes ses phras­es par un « pussy » bien placé, etc.) : les oscil­la­tions ren­voient aus­si aux vari­a­tions de ton que Spike Lee injecte à son thriller, entre esprit de sérieux (high­est) et récréa­tion (low­est).

Le film pour­rait donc être à l’image de l’œuvre en dents de scie de Spike Lee, par­fois con­va­in­cante (le beau Mal­colm X), mais qui s’est sou­vent four­voyée dans une approche vaine­ment pop, dont l’ambition pre­mière est d’iconiser ses fig­ures (dont la sienne – le cinéaste est devenu au fil des années une image iden­ti­fi­able). La part de thriller d’High­est 2 Low­est s’avère hélas embar­ras­sante, comme le mon­tre une scène située au milieu du réc­it, où King se rend dans le métro pour remet­tre la rançon au ravis­seur et libér­er le fils de son assis­tant. S’en­clenche une course pour­suite durant laque­lle Lee mul­ti­plie les plans de coupe en ten­tant laborieuse­ment d’installer une ten­sion dra­ma­tique, suivi d’un défilé de motards se pas­sant plusieurs fois le sac con­tenant la copieuse somme dans les rues de New York, le tout entre­coupé d’un invraisem­blable mon­tage alterné sur un con­cert de musique por­tor­i­caine n’ayant pour­tant aucun lien (vrai­ment aucun) avec ce qui se passe. C’est peut-être dans le rôle qu’il réserve à la musique, juste­ment, que le film est le plus raté, mal­gré l’ancrage revendiqué par son réc­it (King se vante à plusieurs repris­es d’avoir « la meilleur oreille de l’industrie ») : la bande-son recou­vre de façon ridicule la qua­si total­ité des scènes, comme un cache-mis­ère.

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