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Downsizing

Downsizing

de Alexander Payne

  • Downsizing
  • États-Unis2017
  • Réalisation : Alexander Payne
  • Scénario : Alexander Payne, Jim Taylor
  • Image : Phedon Papamichael
  • Décors : Stefania Cella
  • Costumes : Wendy Chuck
  • Montage : Kevin Tent
  • Musique : Rolfe Kent
  • Producteur(s) : Alexander Payne, Jim Taylor, Mark Johnson, Megan Ellison
  • Production : Paramount Pictures, Ad Hominem Enterprises, Annapurna Pictures
  • Interprétation : Matt Damon (Paul Safranek), Kristen Wiig (Audrey Safranek), Christoph Waltz (Dusan Mirkovic), Hong Chau (Ngoc Lan Tran), Udo Kier (Konrad), Jason Sudeikis (Dave Johnson), Maribeth Monroe (Carol Johnson)...
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Date de sortie : 10 janvier 2018
  • Durée : 2h16

Downsizing

de Alexander Payne

L'odyssée rabougrie


L'odyssée rabougrie

Et si la solu­tion à la sur­pop­u­la­tion et au réchauf­fe­ment cli­ma­tique pas­sait par un rétré­cisse­ment de l’humanité ? L’amusant pos­tu­lat de Down­siz­ing, qui augure un film jouant sur un imag­i­naire lil­lipu­tien, débouche sur une fable atone, sur­volant son ter­rain de jeu pour mieux s’attacher à une allé­gorie quelque peu lourde. C’est que le rétré­cisse­ment de Paul (Matt Damon en Améri­cain moyen altru­iste mais guère gâté par la vie) n’est qu’une étape dans son chem­ine­ment vers « the path to hap­pi­ness ». Le film seg­mente de fait son voy­age moral en trois étapes : d’abord une ver­ti­cale (le pas­sage du monde des grands au monde des petits), puis une hor­i­zon­tale (la décou­verte que le monde des petits repro­duit les iné­gal­ités de class­es et raciales d’une société tra­di­tion­nelle) et enfin un retour à la nature dans une com­mu­nauté norvégi­en­ne qui emprunte autant à l’utopie qu’à une forme de struc­ture alter­mon­di­al­iste. Alexan­der Payne filme moins tant la décou­verte et l’exploration d’un infra­monde com­posé de mul­ti­ples couch­es qu’il ne cherche, par le truche­ment de la sci­ence-fic­tion, à capter quelque chose de la crise de l’homme blanc occi­den­tal, écartelé entre ses prob­lèmes quo­ti­di­ens et son aspi­ra­tion à dépass­er son mode de vie indi­vid­u­al­iste pour don­ner du sens à sa frêle exis­tence.

Si le ton est à la comédie gen­ti­ment piquante, il y a pour­tant une réelle mal­hon­nêteté dans la façon dont Payne cloue chaque per­son­nage pour ses petits tra­vers en faisant mine de les accom­pa­g­n­er avec bien­veil­lance. C’est le cas, par exem­ple, de l’épouse de Paul, qui décide à la dernière minute de ne pas se minia­turis­er alors que son époux vient de pass­er l’opération : si elle argue après coup qu’elle ne peut pas aban­don­ner ses amis et sa vie de « grande per­son­ne », son revire­ment survient lorsque la grav­ité de son change­ment de vie s’incarne dans son apparence (ses cheveux et ses sour­cils, rasés pour le bon déroule­ment de l’opération). Il y a enfin une bien-pen­sance con­testable dans la manière dont le per­son­nage n’envisage son accom­plisse­ment en tant qu’individu que dans le dépouille­ment et la dévo­tion au plus près des dému­nis qui ne sont par ailleurs défi­nis que par le regard de l’humaniste blanc leur venant en aide. C’est lit­térale­ment ce qui se joue dans le dernier champ-con­trechamp, ou un vieil­lard his­panique n’existe en tant que per­son­nage que pour val­oris­er l’expérience vécue par le héros, con­tent d’avoir enfin trou­vé sa place au sein d’un monde à l’agonie. Dom­mage que Payne, plutôt que d’exploiter la matière pre­mière de son intrigue, s’en remette ain­si à une mise en scène truf­fée d’images génériques (de l’imaginaire minia­ture à la vision car­i­cat­u­rale du mode de vie scan­di­nave) et inca­pable de saisir ses per­son­nages en tant qu’êtres.

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