White House Down

White House Down

de Roland Emmerich

  • White House Down
  • États-Unis2013
  • Réalisation : Roland Emmerich
  • Scénario : James Vanderbilt
  • Image : Anna Foerster
  • Montage : Adam Wolfe
  • Musique : Harald Kloser
  • Producteur(s) : Brad Fisher, Harald Kloser, James Vanderbilt, Larry Franco, Laeta Kalogridis, Roland Emmerich
  • Interprétation : Channing Tatum (John Cale), Jamie Foxx (James Sawyer), Maggie Gyllenhaal (Carol Finnerty), Richard Jenkins (Eli Raphelson), James Woods (Martin Walker), Joey King (Emily Cale)...
  • Distributeur : Synergy Cinéma
  • Date de sortie : 4 septembre 2013
  • Durée : 2h11

White House Down

de Roland Emmerich

Retour vers le passé


Retour vers le passé

Ouf ! Nous voilà soulagés : après l’escapade Anony­mous, le pétaradant Roland Emmerich revient à un genre qui lui ressem­ble plus, le film de bas­ton. On est heureux pour lui, tant son White House Down lui donne l’op­por­tu­nité de faire explos­er tout un tas de choses et de gens, ce que n’a pas pu lui per­me­t­tre son écart shake­spearien.

Nous voici donc de retour dans la bonne vieille Amérique de l’On­cle Sam, où offi­cie un prési­dent noir (qui l’eût cru ? Quelle capac­ité d’adap­ta­tion, Roland !) et où John Cale, inter­prété par Chan­ning Tatum, vient pass­er un entre­tien d’embauche à la Mai­son-Blanche pour inté­gr­er le ser­vice de sécu­rité du prési­dent. Hélas, mal­gré son tal­ent sans pareil pour dis­cuter avec des écureuils, révélé lors d’une scène par­ti­c­ulière­ment sub­lime, le job va lui être refusé, eu égard à une jeunesse tumultueuse qu’il jure, en vain, avoir lais­sé der­rière lui. Heureuse­ment pour notre héros, c’est pré­cisé­ment le moment que choisit une meute remar­quable­ment vice­larde pour met­tre en mou­ve­ment son plan pour pren­dre le bâti­ment d’as­saut, et le prési­dent en otage.

Réca­pit­u­lons : un héros injuste­ment décon­sid­éré mais très com­pé­tent, des Méchants très très Méchants, un goofy side­kick[ref]Le guide touris­tique de la Mai­son-Blanche, qui n’ap­pré­cie pas qu’on salisse l’en­droit. Alors, le faire explos­er dans tous les sens, vous imaginez…[/ref], la fille de 11 ans du héros, qui traîne par là en n’at­ten­dant qu’une occa­sion pour trou­ver des qual­ités rédemptrice à ce père trop absent et des explo­sions dans tous les coins. Pas de doute, on nage en plein dans les 1980s. Roland Emmerich aurait-il été, comme tout le monde, atter­ré par la qual­ité du dernier Die Hard, et voulait-il don­ner son Die Hard à lui ? Dans ce cas, c’est réus­si. Tous les ingré­di­ents y sont, et ne man­quent que le sens de l’e­space et du rythme d’un John McTier­nan. Mais Emmerich reste un faiseur hon­nête, à la mise en scène lis­i­ble. C’est bien le moins.

Amu­sant et haute­ment diver­tis­sant, White House Down se pique égale­ment de poli­tique. C’est plus éton­nant. Le film présent son Oba­ma sous un jour extrême­ment favor­able, totale­ment idéal­isé. Le prési­dent, inter­prété par un Jamie Foxx super cool, est un dan­gereux paci­fiste, père de famille aimant et bour­ré de belles valeurs, tan­dis que les ter­ror­istes sont des cra­pules cyniques va-t-en-guerre racistes et motivées par l’ar­gent. L’heure serait-elle donc à la paix, aux lende­mains qui chantent, pour celui qui, dans Inde­pen­dance Day, se situ­ait pour­tant bien à droite de l’échiquier poli­tique ? Pas sûr, pour qui tente de lire entre les lignes de White House Down : sous l’égide de ce prési­dent rêvé, les États-Unis appa­rais­sent vul­nérables, à la mer­ci d’at­taques de l’in­térieur comme de l’ex­térieur – comme si, en ces temps de beaux idéaux poli­tiques, l’heure était plus que jamais à la méfi­ance et à la para­noïa.

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