Smiley Face

Smiley Face

de Gregg Araki

  • Smiley Face
  • États-Unis2007
  • Réalisation : Gregg Araki
  • Scénario : Dylan Haggerty
  • Image : Shawn Kim
  • Montage : Gregg Araki
  • Musique : David Kitay
  • Producteur(s) : Steve Golin, Alix Madigan, Kevin Turen, Henry Winterstern, Gregg Araki
  • Interprétation : Anna Faris (Jane), Adam Brody (Steve, le dealer), Danny Trejo (Albert), Matthew J. Evans (Bobby), David Goldman (Pr Hardwood), Danny Masterson (Steve, le colocataire)
  • Date de sortie : 16 janvier 2008
  • Durée : 1h25

Smiley Face

de Gregg Araki

Totalement flop


Totalement flop

Cinéaste habituelle­ment exigeant, Gregg Ara­ki s’est totale­ment lais­sé aller à la facil­ité avec ce pseu­do-délire sur les drogues douces et ses effets sec­ondaires. Si le pro­pos se voulait léger, le résul­tat final, lui, est d’une telle vacuité qu’il est bien dif­fi­cile de se dis­traire devant ce qui aurait pu être une farce décalée à la Reefer Mad­ness.

Smi­ley Face fait cer­taine­ment par­tie de ces films que l’on qual­i­fie d’er­reurs de par­cours dans la car­rière d’un cinéaste. Bien que son dernier long-métrage, Mys­te­ri­ous Skin, œuvre grave et plutôt auda­cieuse sur la pédophilie, fut cer­taine­ment sures­timé, Gregg Ara­ki a une véri­ta­ble pat­te au point d’être devenu, en l’e­space de quelques films, l’une des valeurs les plus sûres du ciné­ma améri­cain indépen­dant. S’ils furent décriés au moment de leur sor­tie, The Doom Gen­er­a­tion et Nowhere avaient le mérite de se réap­pro­prier un cer­tain nom­bre de codes du film pour ado­les­cent pour en dyna­miter toutes les con­ven­tions. Autant dire qu’avec ce Smi­ley Face, la décep­tion est grande, l’in­com­préhen­sion totale. Même la présence d’An­na Faris (la série des Scary Movie, Lost in Trans­la­tion, Le Secret de Broke­back Moun­tain) n’y fait rien. C’est le flop total.

Le sem­blant de scé­nario s’ar­tic­ule donc autour de Jane, jeune actrice qui, au lieu de courir les cast­ings pour ren­flouer son compte en banque, passe son temps avachie sur le canapé à fumer de l’herbe en jouant sur sa con­sole. Un matin, elle se goin­fre de gâteaux que son ter­ri­fi­ant colo­cataire avait soigneuse­ment pré­parés et mis au fri­go. Erreur fatale puisque ces pâtis­series étaient en fait des space cakes (gâteaux pré­parés à base d’herbe) et que la jolie Jane va prob­a­ble­ment vivre le plus long trip de sa jeune vie. Avec un tel pos­tu­lat, Gregg Ara­ki s’en­gouf­fre dans un déjà-vu assez redon­dant mais son audace habituelle laisse croire que le film pour­rait franchir cer­taines lim­ites ou explor­er cer­tains ter­rains que d’autres pro­jets con­stru­its sur le même canevas n’ont jamais approchés. De celui qui est capa­ble d’in­suf­fler de la beauté et de la mélan­col­ie dans une his­toire pédophile (cf. Mys­te­ri­ous Skin), on est effec­tive­ment en droit de tout atten­dre. Tout sauf Smi­ley Face.

Anna Faris (volon­taire et très sec­ond degré) par­court donc la ville, le regard hagard, la démarche lourde et le sourire totale­ment idiot. Elle retrou­ve son deal­er, passe un cast­ing où elle tente de ven­dre de l’herbe à tout le monde, patiente chez le den­tiste, se fait pass­er pour une syn­di­cal­iste au sein d’une usine agro-ali­men­taire, débar­que chez son ancien pro­fesseur d’é­conomie pour finale­ment se retrou­ver en pos­ses­sion d’un exem­plaire orig­i­nal du Man­i­feste du Par­ti Com­mu­niste. Ce par­cours du com­bat­tant est bien évidem­ment parsemé de gags plus éculés les uns que les autres (matéri­al­isme ridicule, con­fronta­tion aux forces de l’or­dre, choix insen­sés, chutes à tout va) au point que le délire voulu par le cinéaste finit par som­br­er dans la potacherie la plus pathé­tique. Si le film ne dure qu’une heure vingt-cinq, les scènes s’étirent sans véri­ta­ble inven­tiv­ité, trop calquées à l’in­vraisem­blable scé­nario qui tente de cacher sa totale vacuité der­rière une mul­ti­tude de rebondisse­ments tous plus atten­dus les uns que les autres. D’une col­lab­o­ra­tion entre un cinéaste irrévéren­cieux et une des actri­ces les plus drôles de sa généra­tion, on était en droit d’e­spér­er mieux que ce Smi­ley Face anodin, sitôt vu, sitôt oublié.

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