Images fortes de 2011 : une mar­iée blonde et pâle court dans une forêt pen­dant qu’au­tour d’elle, le monde s’écroule. Une pros­ti­tuée à l’é­trange sourire pleure des larmes de sperme. Un dinosaure pose sa pat­te sur la gueule d’un autre, ago­nisant, et l’é­pargne. Pour sûr, les réal­isa­teurs des films phares de l’an­née qui s’achève n’ont pas eu peur du ridicule. Et on leur en sait gré : ces trois scènes a pri­ori improb­a­bles sont extraites du trio de tête du Top 10 des films préférés de la rédac­tion de Critikat en 2011. Et quelle année ! Du sur­prenant et inat­ten­du suc­cès, con­tro­ver­sé à Critikat et ailleurs, d’Une sépa­ra­tion d’As­ghar Farha­di, à la Palme d’Or rem­portée par Ter­rence Mal­ick pour un Tree of Life qui con­tin­ue de divis­er les spec­ta­teurs, l’an­née ciné­matographique a été un gigan­tesque tour de mon­tagnes russ­es. Point de 3D ni d’Intouch­ables dans notre classe­ment, aucune référence à la Grèce (du moins, pas avant la 24e place, où l’on retrou­ve Atten­berg…), à la crise finan­cière ou à DSK, mais des films ambitieux et éton­nants, par­fois agaçants, mais qui répon­dent à un for­mi­da­ble désir de ciné­ma. À l’im­age du 6e de notre Top 10, Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi (co-réal­isé avec Mojta­ba Mir­tah­masb) : le splen­dide man­i­feste d’un cinéaste privé de lib­erté, peut-être, mais cer­taine­ment pas privé de sa capac­ité à créer, à inven­ter, et à émou­voir.