Fidèle à sa poli­tique de remise à jour de vieux films bis, l’éditeur Neo Pub­lish­ing pub­lie aujourd’hui The Sor­cer­ers de Michael Reeves, jeune réal­isa­teur bri­tan­nique pré­maturé­ment dis­paru à l’âge de 26 ans.

Pass­able­ment oublié aujourd’hui, The Sor­cer­ers (La Créa­ture invis­i­ble en français, on com­prend aisé­ment pourquoi Neo Pub­lish­ing a décidé de garder le titre orig­i­nal du film) a fait sen­sa­tion à l’époque de sa sor­tie, du moins au fes­ti­val de sci­ence-fic­tion de Tri­este où il fut présen­té en 1967, d’où il repar­tit avec le Grand Prix en poche, ain­si que celui d’interprétation pour Cather­ine Lacey.

Celle-ci, grande fig­ure du ciné­ma bri­tan­nique encore éton­nam­ment pro­duc­tive à l’âge de 63 ans, joue ici Estelle, l’épouse du pro­fesseur Mar­cus Montser­rat (inter­prété par Boris Karloff, dont cela doit être approx­i­ma­tive­ment le 200e film), un sci­en­tifique qui a mis au point une machine improb­a­ble qui lui per­met d’hypnotiser à dis­tance ses cobayes. Un jeune homme va faire les frais de l’expérience, et sera util­isé tel un jou­et par Estelle, per­me­t­tant incon­sciem­ment à celle-ci d’assouvir sa soif de sen­sa­tions inédites et vio­lentes, pous­sant sadique­ment le jeune homme au meurtre. Vari­a­tion pas inin­téres­sante du mythe de Faust et de la soif de jeunesse, The Sor­cer­ers fit alors de son réal­isa­teur un des espoirs du ciné­ma fan­tas­tique anglais de la fin des années 1960.

Alors âgé de 24 ans, Michael Reeves en était alors à son sec­ond film, après La Sorel­la di Satana, copro­duc­tion bri­tan­ni­co-ital­i­enne où il met­tait en scène la belle Bar­bara Steele. Les sup­plé­ments du DVD s’attardent à dress­er un por­trait de ce jeune cinéaste aux films attachants, qui mour­ra deux ans plus tard d’une over­dose acci­den­telle de bar­bi­turiques, par le biais d’une inter­view d’Alain Schlock­off, rédac­teur en chef de L’Écran Fan­tas­tique.

Le troisième et dernier film de Reeves, Witchfind­er Gen­er­al, avec Vin­cent Price, ressort égale­ment ces jours-ci en DVD, tou­jours sous la ban­nière de Neo Pub­lish­ing, sous son titre français cette fois, Le Grand Inquisi­teur. On retrou­ve dans les bonus du DVD qui lui est con­sacré un sujet de 23 min­utes inti­t­ulé “Blood Beast : les films de Michael Reeves”, ain­si qu’une longue inter­view du cri­tique Jean-Pierre Bouyx­ou, qui revient en détail sur le ciné­ma goth­ique anglais. On le trou­vera au choix à l’unité ou cou­plé aux Sor­cer­ers au sein d’un même cof­fret.