Après avoir été décliné dans des clips, des courts métrages et une série télé, il était logique que l’univers de Tena­cious D se voit adap­té au ciné­ma. Le DVD du film vient de sor­tir chez Met­ro­pol­i­tan, et comme c’est la cou­tume avec le groupe, il regorge de sup­plé­ments.

Tena­cious D in The Pick of Des­tiny racon­te l’his­toire du plus grand groupe dans l’histoire du rock. Les deux de Tena­cious D ont en effet depuis longtemps mis de côté toute fausse mod­estie et avant même leur pre­mier con­cert, se sont tou­jours désignés ain­si. Devenir le plus grand groupe de tous les temps n’a jamais été leur but, mais leur mode de fonc­tion­nement. Aus­si d’une cer­taine manière peut-on envis­ager le film comme un biopic, ou un auto-biopic, pour être plus exact. L’occasion pour eux de nar­rer les orig­ines du mythe, de la ren­con­tre orig­inelle sur Venice Beach jusqu’à cette fameuse quête du médi­a­tor mag­ique tail­lé dans une canine du dia­ble, qui leur per­me­t­tra de com­pos­er leur chef‑d’œuvre.

Les afi­ciona­dos du groupe retrou­veront l’univers que le groupe a eu le loisir de se créer petit à petit, à tra­vers des clips, des courts métrages (déjà signés Liam Lynch) et une mini-série. La galerie de sec­onds rôles est au com­plet, avec Lee, le fan anx­iogène, le Sasquatch, sorte de yéti improb­a­ble qui fait trip­per Jack dans tous les sens du terme, et Dave Grohl dans le rôle du dia­ble, auquel Jack et Kyle vont être con­fron­tés à la fin du film, lors d’un « rock-off » épous­tou­flant, qui les ver­ra vic­to­rieuse­ment ren­voy­er celui-ci en enfer (on con­nais­sait depuis Zoolan­der le « walk-off », où deux man­nequins s’affrontaient en défi­lant ; le « rock-off » con­siste en un défi où gagne celui qui impro­vise le meilleur morceau, le plus rock dans l’esprit). Quant à Ben Stiller, que l’on aperce­vait rapi­de­ment dans le clip de Trib­ute, en plus d’être pro­duc­teur exé­cu­tif, il joue ici le rôle du rockeur attardé qui va révéler à JB et KG les orig­ines sataniques du médi­a­tor de la des­tinée (rap­pelons que satanisme et rock’n’roll ont tou­jours fait bon ménage depuis Led Zep­pelin) et l’en­droit où celui-ci se trou­ve (le Rock­’n’roll Hall of Fame, tout sim­ple­ment, la quête s’avér­era donc plutôt aisée).

Le DVD de Pick of Des­tiny est à l’image de ce à quoi le groupe avait pu nous habituer : bour­ré de sup­plé­ments. Pour rap­pel, le DVD des œuvres com­plètes du groupe (The Com­plete Mas­ter Works, sor­ti en 2003) était com­posé de deux dis­ques, et fai­sait le tour de tout ce que le groupe avait pu pro­duire jusque là. Un pre­mier disque (« for fans ») com­pre­nait un con­cert et les six épisodes de la série pro­duite par HBO. Le sec­ond disque (« for hard­core fans only ») com­pre­nait quant à lui des courts métrages qui pous­saient assez loin le mau­vais goût (cf. Rock Star Sperm for Sale, dont le titre par­le de lui-même). Ici, on trou­ve pas moins de deux com­men­taires audio, l’un de Jack Black et Kyle Gass, l’autre de Liam Lynch, sorte de troisième Tena­cious D, le col­lab­o­ra­teur de tou­jours, qui en plus de réalis­er a co-écrit le film. Les scènes coupées ou alter­na­tives abon­dent (il y en a pour une demi-heure), et deux doc­u­men­taires vien­nent com­pléter le tout, le pre­mier s’attardant sur le mak­ing-of du film, l’autre sur l’enregistrement du groupe en stu­dio.

Et comme la puis­sance de Tena­cious D réside en grande par­tie dans la qual­ité de ses morceaux, un soin par­ti­c­uli­er a été apporté à présen­ter le film dans les meilleures con­di­tions sonores, et c’est donc naturelle­ment en Dol­by Dig­i­tal 5.1 EX, mais aus­si en DTS 6.1 ES qu’il est ici pro­posé. To be played loud.