Cour­ri­er des lecteurs

Bon­jour,

Étant assez impa­tient de décou­vrir le prochain James Bond, je suis allé fouiller vos archives pour voir si, au moins chez vous, le précé­dent épisode réal­isé par Marc Forster béné­fi­ci­ait d’un avis posi­tif. Eh ben non, c’est même plutôt l’in­verse ! Pour­tant, je per­siste à croire que le film mérite bien mieux que sa répu­ta­tion cat­a­strophique.

Certes, pass­er après Casi­no Royale n’é­tait pas une mince affaire. Mais ce qu’on oublie trop sou­vent, c’est que pass­er après une comédie involon­taire aus­si aboutie que Meurs un autre jour, c’é­tait un sacré priv­ilège ! Un cat­a­logue de fautes de goût que les respon­s­ables de Casi­no Royale ont cer­taine­ment pris en con­tre-exem­ple. Reste que tout en embrayant directe­ment sur le film de Mar­tin Camp­bell, Quan­tum of Solace présente l’in­térêt non nég­lige­able de s’en distancier…et à toute vitesse ! Si le mon­tage chao­tique de la pour­suite inau­gu­rale en amoin­drit l’im­pact, ses pre­miers plans, suite de détails révélés par un découpage assez classieux, met immé­di­ate­ment dans le bain. La suite est à l’avenant : film le plus court de la saga, Quan­tum of Solace ne perd pas une minute, enchaî­nant lieux et per­son­nages avec une générosité réjouis­sante. Du coup , je trou­ve assez injustes vos remar­ques sur les deux per­son­nages féminins. Olga Kurylenko, loin d’être un faire-val­oir, nour­rit comme vous le soulignez une vengeance aus­si implaca­ble que celle de 007 et surtout, leurs tra­jec­toires dra­ma­tiques ne se croisent que sur le ter­rain, jamais pour se tomber dans les bras. Hein ? Une James Bond girl qui n’ex­iste pas seule­ment par le prisme du mâle bri­tan­nique ?! Oui, c’est pos­si­ble, et qui plus est sans la romance qui imprég­nait le très réus­si dernier acte de Casi­no Royale. Le sen­ti­ments sont ici résumés à des dia­logues plutôt laconiques (la séquence de la grotte, l’in­cendie qui clô­ture le cli­max) et à de brefs adieux une fois l’en­ne­mi élim­iné. Mieux : l’autre James Bond girl, que l’es­pi­on emballe dès le pre­mier soir, sera retrou­vée assas­s­inée de façon atroce, sous les rép­ri­man­des de la « maman de sub­sti­tu­tion » de Mr Bond. Cette approche cul­min­era dans une scène finale réelle­ment émou­vante, anti-spec­tac­u­laire au pos­si­ble, jusqu’à un plan final aus­si silen­cieux et sobre que celui de Casi­no Royale était iconique.

Si qual­ités il y a dans Quan­tum of Solace, je suis le pre­mier à recon­naître qu’elles ne sont pas la résul­tante d’un vrai tra­vail de fond, mais le résul­tat est là. Et à mes yeux, force est de con­stater que l’ef­fi­cac­ité du film doit beau­coup à son rythme effréné. Dif­fi­cile de s’en­nuy­er face à cette suite qui affine encore un peu plus le ver­sant adulte de la fran­chise. Mais bon, peu importe au fond : avec Sam Mendes aux com­man­des, le prochain sem­ble bien par­ti pour réc­on­cili­er tout le monde, non ?

Bien à vous,
Totoro

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Lire l’ar­ti­cle de Fabi­en Reyre : Quan­tum of Solace