Cour­ri­er des lecteurs

Vous est-il venu à l’e­sprit que ce film n’é­tait pas là pour véhiculer des “mes­sages poli­tiques” en général, ni pour dénon­cer l’in­tolérance religieuse comme autant de thé­ma­tiques sor­ties du cha­peau ? Pas une seule fois, vous ne sem­blez com­pren­dre que ces sujets qui sont à vos yeux de vagues dis­ser­ta­tions bien-pen­santes sont la réal­ité de nom­breux Libanais
? Vous vivez bien loin de la guerre, mais par­lez de ce film à des Libanais, voyez comme ils en sont ressor­tis boulever­sés. Votre arti­cle reproche au film sa froideur, mais il est lui-même dénué de dimen­sion humaine. Vous êtes passé totale­ment à côté de votre sujet.

(Anonyme)

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Bon­jour,

Il est tou­jours plus agréable d’avoir un mes­sage signé pour savoir à qui l’on s’adresse.
À défaut, je répondrai donc à blabla­jack que je n’ai à aucun moment pointé la froideur de la cinéaste. Au con­traire, je pense qu’un peu plus d’é­conomie dans la démon­stra­tion, un peu moins d’ef­fets tape-à-l’oeil même pas intéres­sants (ni pour défendre le pro­pos human­iste dont vous par­lez, ni d’un strict point de vue ciné­matographique) auraient cer­taine­ment joué en faveur de “Main­tenant, on va où ?” pour en faire un objet moins clin­quant où la réal­isatrice s’est, vous en con­vien­drez, don­né le beau rôle.
Si je peux tout à fait com­pren­dre que l’af­fect nous amène par­fois à faire preuve d’in­dul­gence pour un film, je peux dans mon cas dif­fi­cile­ment faire abstrac­tion de l’op­por­tunisme du film et de sa réal­isatrice qui sait exacte­ment quels sont les maux de son peu­ple pour mieux séduire son pub­lic. Je me per­me­ts juste de trou­ver ça pro­fondé­ment dou­teux.

Cor­diale­ment,

Clé­ment Graminiès

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Lire l’ar­ti­cle de Clé­ment Graminiès : Et main­tenant, on va où ?