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Fabien Reyre
Il est parfois de ces succès cinématographiques qui dépassent les attentes et qui affolent les spécialistes. Pourquoi Ça, adaptation d’un roman culte de Stephen King, déjà transposé en mini-série de piètre qualité dans les années 1980 (mais qui, au gré de ses innombrables diffusions, a traumatisé toute une génération de gamins), cartonne-t-il autant au box office américain ? Andrés Muschietti,…
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Fabien Reyre
Si Darren Aronofsky a ajouté un point d’exclamation à la Mother de son titre, c’est très probablement parce qu’il veut bien se faire comprendre. Le film aurait pu tout aussi bien s’intituler MOTHER !, voire MOTHER !!!!!!!!!! puisque c’est exactement l’effet qu’il procure au spectateur assommé. Un peu comme si on lui hurlait dessus, le tirait par les oreilles, le…
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Fabien Reyre
À une semaine d’intervalle sortent deux « biopics » français qui tentent, chacun à leur manière, de redéfinir la grammaire du genre et d’en dynamiter les conventions. Après la Barbara de Mathieu Amalric et Jeanne Balibar, Michel Hazanavicius s’attaque à une autre figure publique, aussi louée que controversée : celle de Jean-Luc Godard, avec l’appui d’un acteur on ne peut plus opposé…
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Fabien Reyre
Aux nostalgiques du cinéma indé américain des années 1990, celui des polars granuleux qui suivent avec affection et empathie les destins cabossés qui errent dans les bas-fonds des métropoles, les frères Safdie réactivent avec Good Time (présenté à Cannes en compétition officielle cette année) les heures glorieuses de Sundance et de Miramax. Tout y est : l’image grossière, la caméra…
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Fabien Reyre
Tout, dans Ôtez-moi d’un doute, le troisième long-métrage de Carine Tardieu (La Tête de Maman, Du vent dans mes mollets), transpire le désir d’être aimable. C’est l’essence-même du « feel good movie » : que le spectateur en ressorte léger et guilleret, délesté de la pesanteur de son quotidien, après avoir vu un film qui parle de gens comme vous et moi.…
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Fabien Reyre
Avouons-le, le pitch de Le Prix du succès fait un peu penser à un reportage diffusé sur TF1 le samedi après-midi. « Stars du foot, du cinéma, de la scène : qui sont les gens qui les entourent ? Qui se cache dans l’envers du décor ? » L’idée fait un peu frémir, et le film parvient avec une élégance certaine à…
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Fabien Reyre
Il y a dans le titre du premier long métrage de Hubert Charuel une forme d’ironie et une vraie tendresse. Un pied de nez, une fierté à reprendre à son propre compte une appellation qui pourrait tout aussi bien être affectueuse que condescendante, selon de qui elle vient. Derrière ce titre quasi programmatique, à la fois limpide et mystérieux, se…
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Fabien Reyre
Clac clac clac clac clac clac clac. Ce son à la fois étrange et familier, que l’on entend régulièrement tout au long de 120 battements par minute (Grand Prix du Jury au festival de Cannes 2017, lire notre entretien avec Robin Campillo), c’est celui provoqué par les claquements de doigts des militants de Act-Up lors de leurs nombreuses réunions hebdomadaires.…
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Fabien Reyre
Il fut un temps pas si lointain où les romans de Stephen King inspirèrent les plus grands cinéastes, de Brian De Palma (Carrie) à Stanley Kubrick (Shining) en passant par John Carpenter (Christine) et David Cronenberg (Dead Zone). Même un cinéaste relativement mineur comme Rob Reiner a signé deux de ses meilleurs films en adaptant l’auteur : Stand by Me…
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Fabien Reyre
Réalisateur du remarqué Simon Werner a disparu et de la plupart des épisodes de la série Les Revenants (dont il était également le créateur), Fabrice Gobert était attendu au tournant pour son second long-métrage. On espérait y retrouver le talent du réalisateur pour installer un univers peu habituel dans le cinéma français, à la lisière du fantastique mais ancré dans…
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Fabien Reyre
La peur, la trouille, la terreur la plus profonde, la plus viscérale, sont au cœur même d'It Comes at Night, à la fois son sujet et sa finalité. La peur de quoi, exactement ? De ce qui nous rend tout à la fois monstrueux et humains, irrationnels et banals : la peur des autres. Le second film de Trey Edward…
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Fabien Reyre
La "Madre" du titre du nouveau film d’Alberto Morais (Les Vagues ; Les Gamins du port) est pour le moins une figure ambivalente, bien loin de l’image fantasmée de la mère aimante et idéale. Elle est, ici, le double objet d’un désir et d’un rejet : celui qu’éprouve pour elle son jeune fils de 14 ans, Miguel, face à cette…
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Fabien Reyre
Il y a quelque chose de résolument attachant dans le cinéma de Cédric Klapisch, réalisateur-doudou par excellence : tout y est familier, confortable et moelleux, comme une couette en plumes qui trône sur un matelas épais. Ce cinéma-là, hyper identifiable et rassurant, est la marque de fabrique du cinéaste depuis Le Péril jeune et Chacun cherche son chat, et surtout…
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Fabien Reyre
Ça commence comme une pub pour Jean-Louis David, avant d’enchaîner sur un plan d’une subtilité folle (une vulve qui se fond en œil grand ouvert - plus tard, dans le film, c’est une bouche hurlant de plaisir qui deviendra vulve). Pour son nouveau film, un thriller psychanalytico-érotique dans la pure tradition de ceux qui, suite au triomphe de Basic Instinct…
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Fabien Reyre
« Je ne cherche pas à plaire, je veux être dans le vrai » rétorque Auguste Rodin (Vincent Lindon) à des fonctionnaires de l’État peu convaincus par le travail de l’artiste sur une sculpture de Balzac. Ce que Doillon fait dire à Rodin est bien entendu son propre discours, et c’est peu dire qu’effectivement le cinéaste s’applique méthodiquement à prendre le contre-pied…
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Fabien Reyre
Qui connaît un peu la filmographie d’Arnaud Desplechin se doutera que Les Fantômes d’Ismaël n’est pas que le mélo aux accents bergmaniens que l’habile campagne promotionnelle du film souhaite tant vendre. Chez Desplechin, une piste narrative peut en cacher mille autres, et les effets de chausse-trappes, de miroirs déformants et de poupées gigognes sont autant de tours de passe-passe que…
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Fabien Reyre
Get Out : voilà un titre malin, aussi programmatique que référencé, qui rappelle littéralement les accroches des nombreuses séries Z horrifiques des années 1970 et 1980, enjoignant les spectateurs à fuir la salle si la frousse devenait trop insupportable. On n’en attendait pas moins d’une production Blumhouse, devenu en une dizaine d’années le nouveau gourou de l’épouvante jetable et extrêmement…
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Fabien Reyre
Sur le papier, et si l’on se fie à sa bande-annonce, Aurore est de ces films qui, s’ils ont l’air plutôt sympathiques, donnent le sentiment d’avoir été déjà faits, et déjà vus, cent fois. Le portrait d’une quinquagénaire en crise qui va tenter tant bien que mal de faire face à l’adversité, qu’elle soit conjugale, professionnelle ou intime ? Aurore…
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Fabien Reyre
De Louise Wimmer, premier long métrage de fiction de Cyril Mennegun, une image continue de hanter : celle de Corinne Masiero, sidérante interprète du rôle-titre, conduisant sa voiture, sa maison, au son de "Sinnerman" de Nina Simone. Le film, sorti début 2012, était l'une des belles découvertes françaises de l'année : la fiction s'inspirait harmonieusement du documentaire, et Cyril Mennegun…
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Fabien Reyre
Dix (trop longues) années se sont écoulées depuis le second long métrage d’Emmanuelle Cuau, Très bien merci, polar kafkaïen dans lequel Gilbert Melki se heurtait à l’absurdité de l’administration française après un contrôle d’identité. Le film captait alors avec acuité l’air de la France sous Sarkozy et révélait une réalisatrice dont le souci de réalisme n’éludait pas pour autant la…