Présen­té en Com­péti­tion Inter­na­tionale. Le cinéaste, Iranien athée qui vit en France, invite trois religieux à s’installer dans sa mai­son de famille. Son but : que le fonc­tion­nement de la pièce com­mune puisse ébauch­er les règles d’un vivre-ensem­ble.

« Je suis un Iranien qui ne pense pas comme eux et je le leur dis » : de 2010 à 2012, Mehran Tamadon, qui réside en France, revient dans sa mai­son de famille des envi­rons de Téhéran pour débat­tre avec des « défenseurs de la République islamique d’Iran ». Réamé­nagé pour l’occasion, le salon servi­ra de ter­ri­toire partagé où lui, l’athée, et eux, les trois religieux, vivront ensem­ble selon une con­sti­tu­tion rédigée d’un com­mun accord. D’abord jubi­la­toire, ce dis­posi­tif tient moins du piège rhé­torique que de la réu­nion de famille ou de l’analyse, sur un ter­ri­toire où bien des paroles – et des por­tions du corps humain – n’ont pas à être dévoilées. Faire la cui­sine, allumer un feu, choisir des pho­tos à dis­pos­er dans la bib­lio­thèque ou écouter de la musique : dans la matéri­al­ité la plus quo­ti­di­enne, ce sont les fron­tières d’un monde que l’on déplace cen­timètre par cen­timètre, dans l’espoir douloureuse­ment utopique qu’un vivre-ensem­ble est pos­si­ble – un micro­cosme où la mai­son et le monde com­mu­ni­queraient. L’épilogue dira quelle res­saisie hors-champ un tel pro­jet a subi, mais le cadre du film, spa­tial comme tem­porel, fait de cette expéri­ence un exer­ci­ce de philoso­phie poli­tique inédit et déchi­rant.

(Char­lotte Gar­son)

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