Présen­té en Com­péti­tion Inter­na­tionale. À Kisan­gani, un groupe de lycéens qui n’ont pas les moyens de s’acquitter de la « prime des pro­fesseurs » s’organise pour pré­par­er ensem­ble l’examen d’État.

Devant le lycée Athénée roy­al de Kisan­gani, de larges flaques de pluie demeurent, ressac d’une inon­da­tion. « Athénée roy­al ? Athénée poubelle, oui ! » : le ton est don­né, qui mêle désaf­fec­tion pour la vénérable insti­tu­tion et néces­sité pour les ado­les­cents de décrocher mal­gré tout le bac­calau­réat con­go­lais, dit « exa­m­en d’Etat ». De même qu’il par­ve­nait à filmer à la fois un indi­vidu et une foule pen­dant la cam­pagne élec­torale prési­den­tielle de République démoc­ra­tique du Con­go Ata­laku, Dieu­do Hama­di s’insère ici on ne sait com­ment dans un groupe com­pos­ite de can­di­dats libres qui vont se con­stru­ire un « plan maquis », une mai­son com­mune de révi­sions. Passe-ton bac d’abord ? Non, paie d’abord la « prime du pro­fesseur », sans quoi celui-ci t’éjecte de son cours, fût-ce devant une caméra. Le sys­tème sco­laire, micro­cosme d’une société où cor­rup­tion et débrouille s’entretiennent, n’est pas vrai­ment un objet d’analyse. C’est un trem­plin vers une his­toire : les élèves débar­qués vont vivre deux mois avec des incon­nus, récupér­er des manuels, prier ensem­ble, faire bénir leurs sty­lo à bille et recruter des étu­di­ants plus let­trés qu’eux. En suiv­ant plus par­ti­c­ulière­ment la tra­jec­toire de Joël, déter­miné à ne pas finir por­teur au marché, Dieu­do Hama­di crée un con­tre­point intime et, pour finir, poignant, au por­trait de groupe.

(Char­lotte Gar­son)

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