Les Ren­dez-vous Critikat com­men­cent l’an­née avec la reprise du dernier film de Louis Del­luc, L’I­non­da­tion, le jeu­di 19 jan­vi­er à 20h30, dans le cadre de la rétro­spec­tive qui aura lieu au Reflet Médi­cis. La séance sera présen­tée par Saman­tha Leroy, chargée de la dif­fu­sion des col­lec­tions à la Ciné­math­èque française.

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Pio­nnier de la cri­tique de ciné­ma, inven­teur du terme « cinéaste » et cinéaste lui-même, acteur du pre­mier mou­ve­ment d’a­vant-garde ciné­matographique en France, auteur de nom­breux textes lit­téraires (romans, poèmes, pièces de théâtre) et cri­tiques, a révélé et exploré la néces­sité esthé­tique dans l’expression ciné­matographique, avant de dis­paraître pré­maturé­ment en 1924, à l’âge de trente-trois ans. Il est l’auteur de huit films, réal­isés avec ful­gu­rance entre 1919 et 1923, dans lesquels il s’applique à révéler la « pho­togénie » – l’expression par l’image de la psy­cholo­gie des per­son­nages – et abor­de des thèmes sim­ples et récur­rents : des êtres en proie aux démons du passé, la déchirure entre le réel et le fan­tasme.

Film de com­mande, sug­géré et pro­duit par son ami Mar­cel L’Herbier, L’Inondation est l’adaptation d’une nou­velle de l’écrivain provençal André Cor­this. Louis Del­luc s’entoure de ses acteurs fétich­es, Ève Fran­cis, Edmond Van Daële, pour tourn­er ce drame en décors naturels dans la val­lée du Rhône et offre à cette his­toire de rival­ité amoureuse une atmo­sphère authen­tique et déchi­rante. Pour Pierre Lher­minier, « sans débor­de­ment lyrique, mais avec beau­coup de sobriété et de justesse, Del­luc s’inscrivait, avec ce film, à l’origine d’un courant réal­iste du ciné­ma français qui aura des pro­longe­ments chez Epstein, Renoir, ou chez le meilleur de Duvivi­er ». Le froid hiver­nal, les fortes pluies et l’humidité con­stante subis sur le tour­nage aggravent l’état de san­té déjà frag­ile de Del­luc, qui meurt quelques semaines avant la sor­tie du film sur les écrans.

Saman­tha Leroy