Cette 41e nuit des César a sacré Fati­ma de Philippe Fau­con comme meilleur film. Les prix d’in­ter­pré­ta­tion ont été décernés à Cather­ine Frot dans Mar­guerite et Vin­cent Lin­don dans La Loi du marché. Mus­tang reçoit qua­tre César, dont celui du meilleur pre­mier film.

Fati­ma a rem­porté trois César, celui du meilleur film, de la meilleure adap­ta­tion et du meilleur espoir féminin remis à Zita Han­rot. Le film dresse le por­trait d’une femme de ménage venue d’Algérie. “Il est né d’une ren­con­tre avec un per­son­nage très fort, avec pour moi une néces­sité entê­tante d’en faire un film et de lui don­ner vie, a déclaré hier soir Philippe Fau­con. L’adap­ta­tion à par­tir d’un jour­nal intime n’a pas été facile.” Présen­té à la Quin­zaine des réal­isa­teurs à Cannes, Fati­ma avait reçu en décem­bre le Prix Louis-Del­luc.

Mustang et Marguerite repartent avec quatre récompenses

Nom­mé à neuf repris­es, Mus­tang a reçu qua­tre prix, celui du meilleur pre­mier film, du meilleur scé­nario orig­i­nal, du meilleur mon­tage et le César de la meilleure musique orig­i­nale. “C’est un immense hon­neur” a déclaré la réal­isatrice Deniz Gamze Ergüven. Le film, qui racon­te le désir d’émancipation de cinq sœurs en Turquie, représente la France aux Oscars dimanche soir.

L’autre grand favori avec onze nom­i­na­tions : Mar­guerite de Xavier Gian­no­li. Out­re le César de la meilleure actrice attribué à Cather­ine Frot, le film a été récom­pen­sé pour ses cos­tumes, le décor et le son. Mar­guerite est l’un des plus grands suc­cès de cette année avec plus d’un mil­lion de spec­ta­teurs en salles. Cather­ine Frot joue un rôle tail­lé sur mesure, celui d’une riche héri­tière prête à tout pour devenir can­ta­trice, sur une vraie scène d’opéra. Prob­lème : elle chante ter­ri­ble­ment faux. “Plusieurs per­son­nes m’ont dit que c’é­tait un rôle à récom­pense. Donc ce César, je le dois à Mar­guerite elle-même, ou plutôt à celui qui l’a réin­ven­tée, Xavier Gian­no­li” a déclaré Cather­ine Frot. Comme un ultime hom­mage, l’actrice a chan­té “Si tu veux Mar­guerite”, avec justesse cette fois.

Le sacre de Vincent Lindon

Après avoir décroché le prix d’interprétation à Cannes pour le même rôle, Vin­cent Lin­don rem­porte son pre­mier César du meilleur acteur. Dans La Loi du marché de Stéphane Brizé, il inter­prète un chômeur de longue durée qui, après de nom­breux entre­tiens d’embauche, accepte le poste de sur­veil­lant dans un super­marché.

L’émotion de Rod Paradot, sacré meilleur espoir masculin

Le jeune Rod Paradot, très ému, a reçu le César du meilleur espoir mas­culin pour son rôle d’un ado­les­cent au par­cours chao­tique dans La Tête haute d’Em­manuelle Bercot. Un film qui décrit le sys­tème de la jus­tice des mineurs et l’accompagnement des jeunes délin­quants. Lors de son dis­cours, Rod Paradot a remer­cié la con­seil­lère prin­ci­pale d’éducation (CPE) de son lycée. Pour son rôle d’éducateur spé­cial­isé, Benoît Mag­imel a, quant à lui, rem­porté le César du meilleur acteur dans un sec­ond rôle.

Trois souvenirs de ma jeunesse ne remporte qu’un seul prix

Après qua­tre nom­i­na­tions au César du meilleur réal­isa­teur, Arnaud Desplechin, décroche enfin ce prix pour Trois sou­venirs de ma jeunesse. Le film retrace la saga amoureuse de Paul et Esther débutée il y a vingt ans avec Com­ment je me suis dis­puté… (ma vie sex­uelle). “Je ne vais pas savoir vous dire ma grat­i­tude, ma joie et ma fierté”, a déclaré le réal­isa­teur très ému. “J’ai l’air ému mais je regarde Lou et Quentin (les deux jeunes acteurs du film) et je pense que nous les avons émus, alors nous avons fait notre tra­vail.” Le film nom­mé onze fois n’a pas obtenu d’autres récom­pens­es.

Autres récompenses

L’actrice danoise Sidse Babett Knud­sen a été récom­pen­sée pour son sec­ond rôle dans L’Hermine de Chris­t­ian Vin­cent. Décou­verte dans la série Arte Bor­gen, où elle incar­ne un Pre­mier min­istre, l’actrice danoise fut très sur­prise : “Sacre­bleu, je ne m’at­tendais pas à ça ! Mer­ci à Fab­rice Luchi­ni qui n’est pas là, mon parte­naire avec qui j’ai adoré tra­vailler. Mer­ci aux Français qui vont au ciné­ma, parce qu’il y a des ciné­mas, c’est for­mi­da­ble, c’est un pays où les ciné­mas exis­tent vrai­ment, je suis super fière et hon­orée d’en faire par­tie ce soir.” Le César du meilleur film étranger revient à Bird­man d’Iñár­ritu, sacré aux Oscars l’an passé. Demain, le doc­u­men­taire écol­o­giste et mil­i­tant de Mélanie Lau­rent et Cyril Dion a égale­ment été récom­pen­sé.