Loin de l’élitisme de la Croisette, le Fes­ti­val du Film de Locarno – qui s’ouvre aujourd’hui pour 10 jours – démon­tre qu’il est pos­si­ble de mari­er pro­gram­ma­tion exigeante et événe­ment pop­u­laire, avec ses séances ouvertes au pub­lic et ses nuits mag­iques de la Piaz­za Grande qui rassem­blent près de 8000 per­son­nes chaque soir sous les étoiles. Au pro­gramme, l’exploration du ciné­ma d’auteur dans toute sa diver­sité, des grands clas­siques (rétro­spec­tive Lubitsch) aux artistes en herbe (com­péti­tion courts métrages) ; du ciné­ma couleur locale (hom­mage au Suisse Alain Tan­ner) à celui des cinq con­ti­nents (focus sur l’Asie Cen­trale) ; des grands réal­isa­teurs con­fir­més (Léopard d’Honneur pour l’immense Jia Zhang-ke) aux jeunes espoirs (sec­tion cinéastes du présent); de la nou­velle comédie améri­caine (pro­gramme John C. Reil­ly) aux films de genre (L.A. Zom­bie de Bruce LaBruce) en pas­sant par le ciné­ma expéri­men­tal (Invis­i­ble­boy de Philippe Par­reno) ou le doc­u­men­taire (Kara­mai de Xu Xin, d’une durée de 6h). Il y en aura donc pour tous les goûts sur les rives du lac Majeur, et nous vous don­nons ren­dez-vous dans quelques semaines pour un bilan de cette édi­tion, qui – avec des per­son­nal­ités aus­si intéres­santes qu’Eric Khoo, Miguel Gomes, Lisan­dro Alon­so, Josh Safdie, Cor­neliu Porum­boiu ou Lionel Baier dans ses dif­férents jurys – devrait nous per­me­t­tre de décou­vrir et de met­tre en avant quelques per­les du ciné­ma de demain.