Déjà qua­tre ans, que le fes­ti­val Filmer la musique met au dia­pa­son nos yeux et nos oreilles en squat­tant durant cinq jours pour des pro­jec­tions (et cinq nuits pour des con­certs) les bor­ds de Seine parisiens. La pro­gram­ma­tion 2010, éclec­tique, évoque le rap (Carter sur le rappeur Lil’ Wayne), le free-jazz psy­chédélique (Sun Ra ; a Joy­ful Noise), ou encore le rock (The Road to God Knows Where qui nous entraîne en tournée avec Nick Cave et ses Bad Seeds). Mais ce fes­ti­val défricheur ne se con­tente pas de mon­tr­er des musi­ciens célèbres, il pro­pose aus­si une lec­ture du monde par le prisme cul­turel de la musique comme la trilo­gie d’Andreas Johnsen sur la musique du ghet­to à Kingston, Nairo­bi et Rio, un por­trait de l’archiviste pas­sion­né de la BBC radio­phon­ic work­shop (Alche­my of Sound) ou encore un doc­u­men­taire sur un étrange instru­ment, le theremin (An Elec­tron­ic Odyssey). Sans compter des per­for­mances et des con­certs (soirée Car­pen­ter par exem­ple). Filmer la musique, cas rare de fes­ti­val du doc­u­men­taire musi­cal, rap­pelle que, der­rière les quelques « block­busters » du genre (When You’re Strange ou Stones in Exile récem­ment), il existe une pro­fu­sion de films, trop sou­vent can­ton­nés à la marge. Voilà une occa­sion de dénich­er des pépites.