Mimosa, de Wilfrid Almendra
Notorious

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  • Exposition Notorious
  • Lieu : Plateau (Paris)
  • Date : du 11 décembre 2008 au 22 février 2009
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Notorious

Quand les artistes contemporains questionnent le cinéma


Quand les artistes contemporains questionnent le cinéma

Jusqu’au 22 févri­er 2009 se déroule au Plateau l’exposition Noto­ri­ous, qui met en réso­nance dif­férentes œuvres d’artistes con­tem­po­rains qui font avec per­ti­nence référence au sep­tième art. Le Fonds d’Art Con­tem­po­rain d’Île-de-France a acquis ces œuvres au cours de ces deux dernières années. Le nom de cette expo­si­tion choisi par le com­mis­saire Xavier Franceschi, directeur du Frac ren­voie au film d’Hitchcock étrange­ment traduit en français par Les Enchaînés. Il est en effet ici ques­tion de notoriété et plus pré­cisé­ment de mytholo­gie du ciné­ma. Ces plas­ti­ciens s’approprient le lan­gage ciné­matographique pour le ques­tion­ner et créer ain­si des œuvres hybrides au croise­ment de dif­férentes dis­ci­plines.

Ain­si l’Autrichien Christoph Weber pro­pose une analyse toute per­son­nelle du fameux film Octo­bre d’Eisenstein. Il retran­scrit graphique­ment grâce à un logi­ciel de mod­éli­sa­tion les mou­ve­ments de la caméra lors de la scène inau­gu­rale du déman­tèle­ment de la stat­ue du tsar Alexan­dre III avec une sculp­ture murale d’acier en deux dimen­sions inti­t­ulée The First Min­utes of Octo­ber. Cette forme géométrique qui utilise les pro­por­tions et les matéri­aux chers au con­struc­tivisme russe ren­voie à la fil­mo­gra­phie du cinéaste sovié­tique par sa rigueur formelle. Le dynamisme des angles sail­lants nous rap­pelle la stat­u­aire des con­tem­po­rains du cinéaste inter­ro­geant la fonc­tion de cette dernière. Elle sym­bol­ise la fin des utopies com­mu­nistes et le pas­sage vers une époque post-révo­lu­tion­naire avec le recours aux nou­velles tech­nolo­gies. Il établit alors un dia­logue entre le film, la sculp­ture et le dessin. On est égale­ment sur­pris par la forme énig­ma­tique de la sculp­ture baroque inti­t­ulée Mimosa de Wil­frid Almen­dra avec ses excrois­sances métalliques évo­quant les engins motorisés du film Easy Rid­er de Den­nis Hop­per dont il s’inspire. Une fois de plus l’artiste présente une propo­si­tion inédite qui incite le spec­ta­teur à se ques­tion­ner tout en lais­sant son imag­i­naire vagabon­der. Face à ces deux œuvres, on peut décou­vrir les col­lages sur­réal­istes de John Steza­k­er. Des cartes postales de paysages col­lec­tées par l’artiste sont asso­ciées à des pho­togra­phies de plateau en noir et blanc. Jux­ta­posées, ces images de prove­nances divers­es pro­duisent un effet déroutant, énig­ma­tique à la manière des films du réal­isa­teur bri­tan­nique, lui- même influ­encé par le mou­ve­ment ini­tié par André Bre­ton.

Per­son­al­i­ties in Anx­ious Times Hide­away Type 02 du col­lec­tif de design­ers Dune and Raby/Mickael Anas­tasi­ade appar­tenant à la série des Hide­away fur­ni­tures nous ren­voie au ciné­ma par son aspect fic­tion­nel ; en effet elle repose sur un scé­nario fan­tas­magorique. Il s’agit d’une archi­tec­ture cam­ou­flage, qui adopte le même matéri­au que celui du sol du musée, dans laque­lle on peut se cacher si l’on adopte la pose de la Maria Desnu­da de Goya. Elle pro­pose une prise en compte rationnelle des peurs irra­tionnelles. On peut égale­ment décou­vrir au cours de cette expo­si­tion plusieurs œuvres en 16 mm comme celle de Mor­gan Fish­er. Cet artiste mon­teur de for­ma­tion, assem­ble entre- elles des inserts de films de genre. Décon­tex­tu­al­isés, ces plans mon­tés bout à bout en un cat­a­logue sur­prenant créent un film dénué de toute nar­ra­tiv­ité où le temps s’étire. L’anthropologue et artiste Ricar­do Valen­tim nous présente lui, sa col­lec­tion de films édu­cat­ifs datant de 1950 à 1970 selon les modal­ités d’un fes­ti­val. On peut toute la durée de l’exposition assis­ter à la pro­jec­tion de ses films péd­a­gogiques désuets.

Cette expo­si­tion sem­ble avant tout plus le pré­texte d’une présen­ta­tion des œuvres acquis­es par l’institution qu’une réelle réflex­ion sur ce film du maître du sus­pens. Elle nous per­met de les appréhen­der cha­cune indi­vidu­elle­ment mais leurs liens restent implicites. Elles sont por­teuses d’une énigme que le vis­i­teur se doit de résoudre pour percer l’essence même de chaque démarche artis­tique. C’est sans doute dans cet exer­ci­ce de cor­re­spon­dance, de décryptage que Noto­ri­ous prend tout son sens.

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