2008 restera une année assez mar­quante pour les pas­sion­nés de box-office puisque deux films, cha­cun dans leurs pays respec­tifs, ont bien fail­li détrôn­er Titan­ic de sa place de plus grand suc­cès en salle. Côté États-Unis, il s’agit de The Dark Knight, suite bril­lante de Bat­man Begins. En France, ce n’est autre que Bien­v­enue chez les Ch’tis, qui ne récupér­era pas les 270 000 spec­ta­teurs néces­saires pour bat­tre le film de James Cameron. Mais, devant leurs scores faramineux, ces deux films peu­vent tout de même se féliciter d’avoir su attir­er en salle un pub­lic qui ne s’y rend d’ordinaire jamais. D’un côté (de l’Atlantique) ils ont fris­son­né devant une his­toire som­bre et tor­due, qui se dou­ble d’une réflex­ion assez pes­simiste sur l’héroïsme et la jus­tice, proche par bien des aspects des séries télé auda­cieuses pro­duites là-bas. De l’autre, ils ont ri et se sont ras­surés de la scis­sion région­al­iste typ­ique des télé­films mol­las­sons, for­matés à l’idéologie TF1. C’est donc dans les deux cas la cul­ture télévi­suelle qui a drainé les spec­ta­teurs au ciné­ma. Nova­trice et dérangeante chez les Améri­cains. Con­formiste et nauséeuse chez les Français. Notre pres­tige cul­turel européen, soudaine­ment, a bon dos…