© Metropolitan FilmExport
Together

Together

de Michael Shanks

  • Together
  • Etats-Unis, Autralie2025
  • Réalisation : Michael Shanks
  • Scénario : Michael Shanks
  • Image : Germain McMicking
  • Décors : Nicholas Dare
  • Costumes : Maria Pattison
  • Montage : Sean Lahiff
  • Musique : Cornel Wilczek
  • Producteur(s) : Dave Franco, Alison Brie, Mike Cowap, Andrew Mittman, Erik Feig, Max Silva, Julia Hammer, Tim Headington
  • Production : 30WEST, Tango Productions, Picturestart, 1.21, Princess Pictures
  • Interprétation : Alison Brie (Millie), Dave Franco (Tim), Damon Herriman (Jamie)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 13 août 2025
  • Durée : 1h42

Together

de Michael Shanks

En toi


En toi

D’Évanouis à Togeth­er, cet été 2025 aura été riche en hom­mages inat­ten­dus au ciné­ma de John Car­pen­ter. Si le pre­mier évoque plutôt le ver­sant poli­tique de son œuvre (sa satire vise l’Amérique des idiots dont Trump et Musk sont devenus les mas­cottes), le sec­ond cite ouverte­ment The Thing, mais en restreignant la ques­tion des muta­tions à celle du cou­ple. C’est ce qui fait sa force : la lente éclo­sion que racon­te le film se vivra seule­ment à deux et ne con­cern­era que Mil­lie (Ali­son Brie) et Tim (Dave Fran­co), cou­ple en bout de course qui essaie de raviv­er la flamme des débuts en s’exilant à la cam­pagne.

Après une nuit passée dans une grotte, Mil­lie et Tim se réveil­lent lit­térale­ment soudés : une sub­stance visqueuse s’est insin­uée entre leurs cuiss­es. D’autres élé­ments fan­tas­tiques vont ensuite accentuer cette sen­sa­tion : un bais­er qui colle un peu trop, un rap­port sex­uel qui vire au cauchemar (Tim ne parvient lit­térale­ment plus à se retir­er). Jusqu’au moment où leurs corps com­men­cent à fusion­ner, selon un proces­sus de méta­mor­phose irréversible. Comme tou­jours dans le ciné­ma d’horreur dédié à la trans­for­ma­tion des corps – qu’on appelle aujourd’hui body hor­ror en citant David Cro­nen­berg à tout va –, on cherche la métaphore. La finesse du film con­siste à ne pas l’avoir voulue trop épaisse ou explica­tive, mais à la lim­iter au con­traire à un phénomène pure­ment intime. Au fond, il ne sera ques­tion dans Togeth­er que du cou­ple comme image d’une entité mutante : un « nous » aus­si désir­able que mon­strueux.

Il faut soulign­er les très belles incar­na­tions plas­tiques qui por­tent cette idée. Au-delà des scènes déjà citées, c’est surtout quand il s’attaque au proces­sus de trans­for­ma­tion pro­pre­ment dit que le film fait mouche. La beauté de ses trou­vailles visuelles – celle par exem­ple de l’aimantation des corps – pro­duit un sus­pense per­ma­nent : chaque rap­proche­ment, chaque étreinte devient poten­tielle­ment un piège. Dans son mou­ve­ment final, Shanks ren­con­tre bel et bien Cro­nen­berg, mais sur le ver­sant lyrique et trag­ique de Faux-sem­blants. Le grotesque, cédant la place au sub­lime, révèle alors la part de deuil et de perte qui han­tait le cou­ple depuis le début, ce qui fait de Togeth­er un grand film d’amour. On pour­rait le résumer par la fameuse for­mule de La Femme d’à côté – « ni avec toi, ni sans toi » – en ajoutant : « en toi. »

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