© Bobine Films
Horizonte

Horizonte

de César Acevedo

  • Horizonte
  • Colombie, France, Luxembourg, Chili, Allemange2024
  • Réalisation : César Acevedo
  • Scénario : César Acevedo
  • Image : Mateo Guzmán
  • Décors : Marcela Gómez Montoya
  • Costumes : Julian Mauricio Grijalba
  • Son : Juan Camilo Martinez, Angelo Dos Santos
  • Montage : Soledad Salfate, Camila Beltrán
  • Musique : Harry Allouche
  • Production : Ciné-Sud Promotion, Tarantula, UnaFilms, Inercia Películas, Quijote Films, In Vivo Films
  • Interprétation : Claudio Cataño (Basilio), Paulina García (Inês)...
  • Distributeur : Bobine Films
  • Date de sortie : 4 juin 2025
  • Durée : 2h05

Horizonte

de César Acevedo

Où est la maison de Tarkovski ?


Où est la maison de Tarkovski ?

Bien que le paysage soit colom­bi­en, il sem­ble tout droit sor­ti d’un film de Tarkovs­ki : il s’agit d’une plaine brumeuse à l’herbe vert fon­cé, qu’arpente un homme en long man­teau noir rap­pelant le poète exilé de Nos­tal­ghia. Cet homme s’appelle Basilio ; ancien crim­inel de guerre, il retrou­ve, au début du film, sa mère dans une mai­son délabrée. Cette pre­mière séquence est assez séduisante, en par­ti­c­uli­er parce qu’elle reprend les motifs styl­is­tiques du cinéaste russe, dont l’influence se fait sen­tir tout au long du film. Tan­dis que le per­son­nage se livre à des con­sid­éra­tions opaques, la caméra de César Augus­to Aceve­do organ­ise une suite d’apparitions par de lents mou­ve­ments d’appareil : un chien et un petit garçon faisant face à la brume, des sil­hou­ettes armées et encagoulées descen­dant les collines, ou encore la mère du per­son­nage sor­tant de la pénom­bre de sa mai­son. Mais cette manière d’avancer par visions tourn­era court ; le film est en réal­ité mû par une logique beau­coup plus dis­cur­sive.

Dès la deux­ième scène, Basilio et sa mère s’évaporent lente­ment sur un chemin de vil­lage pour laiss­er place à un cortège funéraire : on com­prend qu’il s’agit là de deux fan­tômes et que s’amorce pour eux un long chemin vers la repen­tance. S’ensuit un réc­it bal­isé tan­tôt par des con­fronta­tions avec cer­taines de leurs vic­times, tan­tôt par des réminis­cences ou des paus­es plus médi­ta­tives, mais qui tra­vail­lent au for­ceps en vue du même but : soutir­er des regrets aux deux pro­tag­o­nistes mis face aux con­séquences du mal qu’ils ont com­mis – au gré de séquences sou­vent parachevées par des larmes expi­atri­ces. Les quelques idées formelles ponc­tu­ant chaque étape relèvent alors d’une sym­bol­ique appuyée. Ain­si d’un long plan au début du film où Basilio porte sa mère à bout de bras dans une forêt embrumée et plongée dans la nuit. Les voix de ses vic­times rem­plis­sent peu à peu l’espace tan­dis qu’il s’effondre, croulant lit­térale­ment sous le poids de la cul­pa­bil­ité, devant un large rocher où sont pro­jetés les vis­ages des morts. Un peu plus tard, une autre de ses visions mon­tre la mai­son de son enfance en lévi­ta­tion. Une fois les plaies pan­sées, celle-ci peut redescen­dre au sol, la mère retrou­ver son mari et Basilio s’en aller par les plaines sous le ciel bleu. En bouclant de la sorte sa nar­ra­tion, le film perd de vue son hori­zon tarkovskien.

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