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Diamant Brut

Diamant Brut

de Agathe Riedinger

  • Diamant Brut
  • France2024
  • Réalisation : Agathe Riedinger
  • Scénario : Agathe Riedinger
  • Image : Noé Bach
  • Producteur(s) : Priscilla Bertin, Marie Darel, Judith Nora
  • Production : Silex Films
  • Interprétation : Malou Khebizi (Liane), Idir Azougli (Dino), Andréa Bescond (Sabine)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 20 novembre 2024
  • Durée : 1h43

Diamant Brut

de Agathe Riedinger

En toc


En toc

C’est peu dire que le film d’Agathe Riedinger est brut, mais pour le dia­mant, on repassera : por­trait poéti­co-mis­éra­biliste d’une influ­enceuse du sud de la France rêvant de rejoin­dre le cast­ing d’une émis­sion de télé-réal­ité, Dia­mant Brut est biberon­né à une esthé­tique vague­ment héritée des Dar­d­enne ou de leurs épigones (la réal­isatrice cite Andrea Arnold comme inspi­ra­tion), mât­inée d’envolées élé­giaques grif­fées d’un insup­port­able crin­crin. Le pro­gramme du film est con­tenu dans son titre : de l’univers super­fi­ciel de Liane – son ambi­tion affichée est de devenir la Kim Kar­dashi­an française –, le film entend tir­er une cer­taine grâce. Au rap se sub­stitue alors le vio­lon, aux pail­lettes des panora­mas du ciel et aux flux des réseaux soci­aux des inscrip­tions à même l’écran qui pren­nent l’allure de sen­tences liturgiques.

Le per­son­nage cam­pé par Mal­ou Khe­bizi n’est pour­tant pas dénué d’intérêt : il faut voir le soin avec lequel Liane prend au sérieux sa quête friv­o­le, la minu­tie de ses gestes et l’assurance dont elle fait preuve, pour se ren­dre compte qu’il y avait là matière à bross­er le por­trait d’une pro­fes­sion­nelle acharnée. Mais la piste intéresse assez peu Riedinger, qui préfère insis­ter grossière­ment sur une inter­pré­ta­tion psy­chologique toute trou­vée : si Liane veut à ce point être aimée, c’est parce que sa maman ne s’est jamais vrai­ment occupée d’elle. La con­de­scen­dance dont cette dernière témoigne à l’égard de sa fille et de ses rêves de grandeur est au fond celle du film lui-même : il n’envisage l’imaginaire froufrouté de la bim­bo que pour opér­er une trans­mu­ta­tion vers une matière bien plus noble. Autrement dit, le car­bone, c’est le per­son­nage, et le dia­mant qui en émerge, grâce à l’action de la cinéaste, c’est le film. Com­ment dès lors s’étonner que ce dernier soit en toc ?

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Diamant brut
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