© Guy Ferrandis / Pyramide Distribution
Le Roman de Jim

Le Roman de Jim

de Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu

  • Le Roman de Jim
  • France2024
  • Réalisation : Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu
  • Scénario : Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu
  • d'après : Le Roman de Jim
  • de : Pierric Bailly
  • Image : Irina Lubtchansky
  • Montage : Annette Dutertre
  • Musique : Bertrand Belin, Shane Copin
  • Producteur(s) : Kevin Chneiweiss, Olivier Père
  • Production : Arte France Cinéma, SBS Productions
  • Interprétation : Karim Leklou (Aymeric), Lætitia Dosch (Florence), Sara Giraudeau (Olivia), Bertrand Belin (Christophe), Noée Abita (Aurélie)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 14 août 2024
  • Durée : 1h41

Le Roman de Jim

de Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu

Trop en sourdine


Trop en sourdine

On ne niera pas qu’on a fail­li lâch­er une petite larme devant Le Roman de Jim, adap­té d’un livre de Pier­ric Bail­ly pub­lié en 2021, sans pour autant que les bouf­fées d’émotions sus­citées par le film masquent ses faib­less­es. Mélo en sour­dine cen­tré sur Aymer­ic (Karim Lek­lou), un père adop­tif qui reste droit et doux face à la cru­auté ordi­naire de la vie, le film vaut surtout pour sa manière de cisailler l’avancée du réc­it de petites étrangetés dans le jeu des acteurs. Ain­si des appari­tions de Bertrand Belin, dont la grande car­casse et le débit atyp­ique rap­pel­lent, ce qu’on aurait ten­dance à par­fois oubli­er, que l’on regarde bel et bien un film des frères Lar­rieu, dont la fan­taisie est ici plus étouf­fée et le style anonymisé. Les cinéastes n’ont jamais paru à ce point s’effacer der­rière l’un de leurs scé­nar­ios : si la dynamique mélo­dra­ma­tique est poignante, le film paraît sou­vent en deçà de son poten­tiel.

Un exem­ple : dans la dernière par­tie, Aymer­ic et Jim, désor­mais adulte, escaladent une mon­tagne tout en revenant sur les blessures du passé. La métaphore est claire (il fau­dra cravach­er pour tri­om­pher de cet Ever­est intime), mais la dimen­sion comique de la scène (Aymer­ic grav­it laborieuse­ment l’obstacle) n’est pleine­ment exploitée que dans un rac­cord, assez drôle, sur un pont sus­pendu, qui accentue la gaucherie du grimpeur néo­phyte. Pour le reste, les pos­si­bil­ités du décor restent en friche, sans être investies par la mise en scène ; l’idée est sim­ple­ment posée là. Si bien que l’émotion qui pointe par­fois est tou­jours tein­tée du regret de voir les Lar­rieu adopter une forme d’épure pudique, pour s’en remet­tre essen­tielle­ment à la seule force tran­quille de leur scé­nario. On pour­rait toute­fois, avec un peu de roman­tisme, être séduit par ce retranche­ment et ce refus des auteurs de vouloir trop met­tre les doigts dans le réc­it qu’ils met­tent en scène. Le film penche hélas plus vers une beauté en demi-teinte, flétrie égale­ment par les approx­i­ma­tions de cer­taines séquences et acteurs (notam­ment Læti­tia Dosch).

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