© Pyramide Distribution
Mon parfait inconnu

Mon parfait inconnu

de Johanna Pyykkö

  • Mon parfait inconnu
  • (Min fantastiske fremmede)
  • Norvège2024
  • Réalisation : Johanna Pyykkö
  • Scénario : Johanna Pyykkö, Jørgen Færøy Flasnes
  • Image : Torbjørn Sundal Holen
  • Décors : Kristian Lahn Vestby
  • Montage : Brwa Vahabpour
  • Musique : Delphine Malaussena, Jakob Lindhagen
  • Producteur(s) : Dyveke Bjørkly Graver
  • Production : Oslo Pictures, bathysphere
  • Interprétation : Camilla Godø Krohn (Ebba), Radoslav Vladimirov (Julian/Ivaylo), Maya Amina Moustache Thuv (Andrea)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 24 juillet 2024
  • Durée : 1h47

Mon parfait inconnu

de Johanna Pyykkö

Moins + moins


Moins + moins

Ebba est une jeune fille mythomane, qui rêve sa vie plus qu’elle ne vit ses rêves, enfer­mée dans un boulot ingrat d’agente de pro­preté et le sous-sol de la mai­son bour­geoise dont elle est locataire. Lorsqu’elle tombe sur un Bul­gare blessé à la tête et frap­pé d’amnésie, ses petits men­songes et affab­u­la­tions bas­cu­lent dans la per­ver­sité : elle cache les papiers et affaires per­son­nelles du garçon, pré­tend qu’elle est sa petite amie et l’installe dans la demeure de ses pro­prié­taires, qu’elle garde durant les vacances. De ce point de départ scé­nar­is­tique, Johan­na Pyykkö, dont c’est le pre­mier film, tire un thriller moins vénéneux que brouil­lon, qui s’en remet à une bande-son aus­si épaisse qu’appuyée, mais aus­si à des visions dis­so­nantes et fan­tas­ma­tiques, pour installer un malaise plutôt que le met­tre en scène. Tout est affaire de mécanique nar­ra­tive : si Ebba cache son jeu, Julian (du moins, c’est ain­si qu’elle l’a bap­tisé) se révèle égale­ment ren­fer­mer de noirs secrets.

À cet endroit, le film joue un drôle de jeu. Pour jus­ti­fi­er son refus d’emmener l’éphèbe à l’hôpital ou de con­tac­ter la police, Ebba pré­tend qu’il était recher­ché par les autorités de son pays et la police danoise. Si le film sem­ble dans un pre­mier temps se tein­ter d’une ambi­tion sociale, en aus­cul­tant les névros­es d’une pro­lé­taire malade d’être née du mau­vais côté de la bar­rière, il occulte pour­tant le racisme sous-jacent au cœur de son réc­it. Pire, il pro­longe les préjugés de la jeune femme lorsqu’elle entrap­erçoit le passé nauséabond du garçon – spoil­er : Bul­gar­ie oblige, le per­son­nage trempe for­cé­ment dans un réseau de pros­ti­tu­tion et de traf­ic sex­uel. De cette col­li­sion entre deux per­ver­sités voilées, Mon par­fait incon­nu entend sécréter un par­fum d’ambiguïté, voire une alchimie amoureuse retorse, reposant sur une équa­tion scé­nar­is­tique : moins + moins = plus. Mais sous les eaux dont émerge Ebba dans la dernière scène, on ne trou­ve toute­fois nul trou­ble – le film se rêve en por­trait d’une mon­stru­osité insond­able, quand son mys­tère n’est qu’artifice.

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