© Destiny Films
Gondola

Gondola

de Veit Helmer

  • Gondola
  • Allemagne, Géorgie2023
  • Réalisation : Veit Helmer
  • Scénario : Veit Helmer
  • Image : Goga Devdariani
  • Décors : Bacho Makharadze
  • Son : Matz Müller
  • Montage : Iordanis Karaisaridis, Nikoloz Gulua
  • Musique : Malcolm Arison, Sóley Stefánsdóttir
  • Producteur(s) : Veit Helmer, Tsiako Abesadze, Noshre Chkhaidze
  • Production : Veit helmer Filmproduktion
  • Interprétation : Nino Soselia (Nino), Mathilde Irrman (Iva), Zuka Papuashvili, Niara Chichinadze, Vachagan Papovian, Luka Tsetskladze, Elene Shavadze...
  • Distributeur : Destiny Films
  • Date de sortie : 24 juillet 2024
  • Durée : 1h23

Gondola

de Veit Helmer

Brèves rencontres


Brèves rencontres

Dans le ciel d’une val­lée égarée hors du temps flot­tent deux cab­ines de téléphériques qui se croisent invari­able­ment à mi-chemin de leurs par­cours respec­tifs. Gon­do­la fait de cette inter­ac­tion aus­si fugace que régulière le cœur de son intrigue roman­tique. Lorsqu’I­va, fraîche­ment engagée comme con­duc­trice de l’une des cab­ines fait la ren­con­tre de sa col­lègue Nino, un jeu de séduc­tion s’en­gage, entre signes échangés d’une cab­ine à l’autre, petites atten­tions qui atten­dront l’une et l’autre en gare, etc. Cette pein­ture d’une rela­tion nais­sante, cou­plée à la grande spé­ci­ficité formelle du film – il est entière­ment dénué de dia­logues – accouche de petites vignettes mutiques. Ce par­ti pris pour­rait creuser un hori­zon à la Tati, mais la bande-son, en tablant essen­tielle­ment sur une prise de son direct timide­ment émail­lée de bruitages, accentue l’in­con­gruité du silence des per­son­nages qui appa­raît surtout comme une coquet­terie.

À par­tir de ce dis­posi­tif, Gon­do­la déploie une sorte d’at­mo­sphère « téléféerique » et bucol­ique à cheval entre mièvrerie et mignon­ner­ie, et qui ne tient hélas qu’au fil bien mai­gre de ces tableaux exposant, par petites touch­es, les prémiss­es de cette romance. La rela­tion des jeunes femmes prend un tour plus ludique encore lorsqu’elles se sur­pren­nent en redé­co­rant leurs cab­ines respec­tives pour les trans­former le temps d’un tra­jet en avion ou encore en fusée : à cet endroit, la volon­té de séduire du film con­firme que son hori­zon pre­mier est l’orne­men­ta­tion. L’amour sus­pendu qu’il fig­ure se lim­ite à la super­fi­cial­ité de décors minu­tieuse­ment com­posés tan­dis que son mutisme ne lui con­fère, passé la bizarrerie ini­tiale, que le charme dis­tant d’une carte postale.

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