© Metropolitan FilmExport
Iron Claw

Iron Claw

de Sean Durkin

  • Iron Claw
  • (The Iron Claw)
  • Etats-Unis2023
  • Réalisation : Sean Durkin
  • Scénario : Sean Durkin
  • Image : Mátyás Erdély
  • Décors : James Price (II) et Tim Cohn
  • Costumes : Jennifer Starzyk
  • Musique : Richard Read Parry
  • Production : BBC Films, A24, House Productions
  • Interprétation : Zac Efron (Kevin Von Erich), Harris Dickinson (David Von Erich), Jeremy Allen White (Kerry Von Erich), Stanley Simons (Mike Von Erich), Holt McCallany (Fritz Von Erich), Maura Tierney (Doris Von Erich), Lily James (Pam), Maxwell Jacob Friedman (Lance), Aaron Dean Eisenberg (Ric Flair)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 24 janvier 2024
  • Durée : 2h12

Iron Claw

de Sean Durkin

The Curse


The Curse

Inex­plic­a­ble­ment amputé de son arti­cle, The Iron Claw arrive en France rebap­tisé Iron Claw, tirant son titre d’une prise de catch. Cette « poigne de fer » est notam­ment la sig­na­ture que s’est choisie une dynas­tie de coloss­es élevés au grand air du Texas par Fritz Von Erich (Holt McCallany), qui fit momen­tané­ment car­rière au Japon avant de réin­té­gr­er le cir­cuit améri­cain pour ten­ter d’y faire tri­om­pher sa progéni­ture. Chargés de ramen­er dans la famille la cein­ture tant désirée qu’il avait échoué à rem­porter, ses fils suc­comberont les uns après les autres à la van­ité de leur père, déter­miné à réalis­er son rêve de jeunesse par procu­ra­tion – quoi qu’il en coûte à ses reje­tons. Sat­urne dévo­rant ses enfants : tel est le pos­tu­lat du film, qui prend des licences avec la biogra­phie offi­cielle pour en venir au plus vite à ce qui l’intéresse ; soit met­tre à nu, ou du moins en petite tenue, la mas­culin­ité tox­ique et son­der ses réper­cus­sions sur ceux qui la per­pétuent, par­fois à leur corps défen­dant. Il s’y essaie avec des for­tunes divers­es, la mise en scène n’é­tant pas tou­jours à la hau­teur d’une direc­tion d’acteurs qui, quant à elle, accouche d’une dou­ble révéla­tion.

Tout d’abord Zac Efron, qui joue Kevin, l’aîné et seul sur­vivant de la fratrie mau­dite – assuré­ment son meilleur rôle à ce jour. Après s’être forgé, de Bay­watch à Nos Pires voisins, une per­sona de jock inso­lent ivre de ses priv­ilèges, l’ex-minet inof­fen­sif de la Dis­ney Chan­nel sur­prend par sa méta­mor­phose rad­i­cale, qui du reste n’est pas que physique. Body­buildé à l’excès, Efron donne l’impression d’avoir para­doxale­ment dû se caparaçon­ner de mus­cles pour enfin fendre l’armure. Si sa car­rure ne lui est d’aucun recours face à l’emprise qu’exerce son père, elle devient sur le ring l’instrument d’une éman­ci­pa­tion certes choré­graphiée par le patri­arche, mais qui n’en demeure pas moins libéra­trice. La seule arène où « Kev » livre réelle­ment un com­bat per­du d’avance est famil­iale, dom­inée par l’ogre pater­nel. La part la plus réussie du film, mal­heureuse­ment trop brève, tient à l’évocation d’un plaisir sim­ple dont Mag­ic Mike XXL avait déjà fait son miel, la joie de diver­tir son pub­lic en se livrant à des acro­baties en slip. La bien­veil­lance est ici un droit d’aînesse : Kevin ne vit que pour ren­dre ses fran­gins heureux, là où Fritz n’a de cesse de les divis­er pour mieux régn­er, comme en témoigne la façon dont il indexe son affec­tion pour ses enfants sur leurs per­for­mances sportives.

L’autre atout maître du cast­ing se con­jugue au féminin. Pour rompre le sort qui s’acharne sur lui, il fal­lait qu’une fée vienne au sec­ours de Kevin. Elle prend ici les traits de Pam, inter­prétée par Lily James, d’une fraîcheur désar­mante en admi­ra­trice pleine d’initiative qui ren­verse les polar­ités tra­di­tion­nelles de la séduc­tion. Le réen­chante­ment qu’apporte sa présence sous­trait Kevin à la fatal­ité dans laque­lle sont pris ses frères, bien­tôt appelés à devenir les pro­tag­o­nistes d’une his­toire de fan­tômes qui se déroule par­al­lèle­ment à la sienne. Ce décou­plage s’opère néan­moins de manière trop linéaire et hâtive, le film ne déviant jamais de son hori­zon trag­ique, pour s’achever sur une cathar­sis éton­nam­ment atone. La faute à une mise en scène qui pêche par sa retenue, au point de frôler la plat­i­tude, quand elle ne cède pas à la sig­nalé­tique des pro­duc­tions A24, avec sa palette chro­ma­tique vin­tage légère­ment délayée et ses références pop voy­antes. Pour qu’Iron Claw emporte com­plète­ment l’adhésion, encore aurait-il fal­lu ne pas laiss­er aux seuls acteurs le soin d’ex­primer l’affliction endurée par leurs per­son­nages.

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