© ARP Sélection
Peninsula

Peninsula

de Yeon Sang-ho

  • Peninsula
  • (반도)
  • Corée du Sud2020
  • Réalisation : Yeon Sang-ho
  • Scénario : Yeon Sang-Ho, Ruy Yong-jae
  • Image : Lee Hyung-deok
  • Son : Suk-Won Kim
  • Montage : Jin-mo Yang
  • Musique : Mowg
  • Producteur(s) : Lee Dong-ha
  • Production : Redpeter Films
  • Interprétation : Gang Dong-won (Jung-seok), Kim Do-Yoon (Cheol-min), Lee Jung-hyun (Min-jung), Kwon Hae-hyo (Mr. Kim)...
  • Distributeur : ARP Sélection
  • Date de sortie : 21 octobre 2020
  • Durée : 1h56

Peninsula

de Yeon Sang-ho

Bouillie Road


Bouillie Road

Après le boi­teux Psy­choki­ne­sis, lancé en cati­mi­ni sur Net­flix, Yeon Sang-ho revient aux zom­bies avec Penin­su­la, dont l’action fait suite à celle de Dernier train pour Busan. Qua­tre ans après l’apparition de l’épidémie, la Corée du Sud est dev­enue une pénin­sule sauvage où règ­nent en maîtres morts-vivants et mil­ices mil­i­taires san­guinaires. De prime abord, le cinéaste sem­ble avoir bien retenu les leçons de Romero (et plus par­ti­c­ulière­ment du Jour des morts-vivants) : d’un film à l’autre, la fron­tière entre vivants et morts s’est réduite, au point que ces derniers, moins présents, ne sont guère les véri­ta­bles mon­stres de l’intrigue. Mais il a oublié la prin­ci­pale : un film de zom­bies vaut moins pour son réc­it, qui suit tou­jours peu ou prou les mêmes trames arché­typ­ales, que pour l’invention que la mise en scène tire de son cadre et de ses fig­ures. D’où, par exem­ple, que les deux derniers films de Romero (Chronique des morts-vivants et Le Ves­tige des morts-vivants) s’ingéniaient à faire mourir de façon de plus en plus icon­o­claste les morts-vivants, dans une sorte d’inflation bur­lesque et ludique. Or Yeon Sang-ho, en s’éloignant dras­tique­ment du dis­posi­tif min­i­mal de Dernier train pour Busan, a lais­sé au plac­ard son inspi­ra­tion spa­tiale (l’organisation du train), plas­tique (les explo­sions des corps zomb­i­fiés, qui défer­laient dans une logique de trop-plein) et comique. Seule la rel­a­tive céc­ité des créa­tures par­ticipe encore ponctuelle­ment à la con­struc­tion des scènes, sans nour­rir toute­fois une mise en scène aus­si fer­tile que celle du pre­mier film.

C’est que Penin­su­la, sans com­plète­ment se détach­er de Dernier train pour Busan, avec lequel il con­serve encore quelques liens (le finale empathique et mélo­dra­ma­tique), sem­ble presque avoir été pen­sé pour une seule séquence, une course-pour­suite lorgnant sans détour du côté de Mad Max : Fury Road. Là, le découpage et les jeux de con­trastes (l’irruption de la lumière sur la route plongée dans la pénom­bre) témoignent d’un petit regain de vigueur, même si le film ne parvient pas là non plus à remet­tre pleine­ment les zom­bies au cen­tre de l’action. Il faut par ailleurs, en atten­dant ce seg­ment, pren­dre son mal en patience devant une rib­am­belle de semi-trou­vailles lais­sées en friche – exem­plaire­ment, les jeux du cirque qu’organisent les mil­i­taires, que le cinéaste filme par-dessous la jambe (comme l’illustre l’ellipse sur le min­u­teur, la scène est escamotée alors qu’elle démar­rait à peine). Il faut sans doute se faire à l’idée : Dernier train pour Busan, en dépit de ses défauts déjà bien vis­i­bles, con­sti­tu­ait vis­i­ble­ment une heureuse excep­tion dans le champ du ciné­ma hor­ri­fique.

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Dernier train pour Busan
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