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Margaret

Margaret

de Rebecca Daly

  • Margaret
  • (Mammal)
  • Irlande, Pays-Bas, Luxembourg2016
  • Réalisation : Rebecca Daly
  • Scénario : Rebecca Daly, Glenn Montgomery
  • Image : Lennart Verstegen
  • Décors : Audrey Hernu
  • Costumes : Uli Simon
  • Montage : Halina Daugird
  • Musique : Rutger Reinders
  • Producteur(s) : John Kelleher, Conor Martin, Macdara Kelleher, Rory Gilmartin
  • Interprétation : Rachel Griffiths (Margaret), Barry Keoghan (Joe), Michael McElhatton (Matt)...
  • Distributeur : Outplay
  • Date de sortie : 8 novembre 2017
  • Durée : 1h36

Margaret

de Rebecca Daly

Dans le petit bain


Dans le petit bain

À Dublin, Mar­garet, la quar­an­taine, vit depuis longtemps séparée de son mari et doit faire face à la dis­pari­tion de leur fils ado­les­cent dont elle ne s’est jamais occupée. À grand ren­fort de scènes sym­bol­iques qu’on croirait sor­ties d’un guide du mau­vais scé­nar­iste, le film nous explique à quel point elle est au bord de la rup­ture intérieure : des nom­breuses séquences filmées sous l’eau (elle est nageuse accom­plie), pour mieux sig­ni­fi­er son enfer­me­ment, aux regards-fenêtres qui dis­ent tout de la quête d’un ailleurs, la caméra trace une per­spec­tive exces­sive­ment lis­i­ble du chemin à par­courir par notre héroïne pour s’extirper de son quo­ti­di­en et ain­si espér­er trou­ver une paix intérieure. Comme un hasard téléphoné qui n’arrive jamais que dans les mau­vais films, Mar­garet va juste­ment trou­ver sur sa route un pal­li­atif : Joe, une petite frappe de dix-sept ans qu’elle trou­ve blessé dans la rue et qu’elle ramène chez elle pour le soign­er jusqu’à ce que se tisse entre eux une rela­tion tein­tée d’am­biguïté.

Mul­ti­pli­ant les scènes totale­ment con­v­enues, le film de Rebec­ca Daly s’en tient à un cahi­er des charges d’une pau­vreté dés­espérante. Mal­gré les réels efforts des deux acteurs prin­ci­paux (Bar­ry Keoghan, égale­ment à l’affiche ce mois-ci de Mise à mort du cerf sacré, et Rachel Grif­fiths) pour don­ner un peu de chair à leurs per­son­nages, l’absence de réel point de vue de la réal­isatrice sur son sujet con­damne le tout à n’être rien de plus qu’un petit film d’auteur estampil­lé fes­ti­val dont la seule mar­que de fab­rique se lim­it­erait à un nat­u­ral­isme bla­fard passe-partout. On aurait bien voulu faire preuve d’un peu plus d’empathie pour ce per­son­nage de mère qui doit affron­ter ses pro­pres démons : seule­ment, les silences sont ici telle­ment sig­nifi­ants, l’enjeu telle­ment cir­con­scrit à un périmètre minus­cule (auquel vient se gref­fer un ex-mari antipathique, manip­u­la­teur et bru­tal) qu’il porte dans sa for­mu­la­tion mal­adroite l’annonce prévis­i­ble d’un échec qui ne per­me­t­tra jamais au film d’atteindre une dimen­sion supérieure.

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