© Sony Pictures Releasing France
Spider-Man : Homecoming

Spider-Man : Homecoming

de Jon Watts

  • Spider-Man : Homecoming
  • États-Unis2017
  • Réalisation : Jon Watts
  • Scénario : Jon Watts, Christopher D. Ford, Chris McKenna, Erik Sommers, Jonathan Goldstein, John Francis Daley
  • d'après : les personnages
  • de : Stan Lee, Steve Dikto, éd. Marvel Comics
  • Image : Salvatore Totino
  • Décors : Oliver Scholl
  • Costumes : Louise Frogley
  • Montage : Dan Lebental, Debbie Berman
  • Musique : Michael Giacchino
  • Producteur(s) : Kevin Feige, Amy Pascal
  • Production : Marvel Studios, Pascal Pictures
  • Interprétation : Tom Holland (Peter Parker / Spider-Man), Michael Keaton (Adrian Toomes / Le Vautour), Robert Downey Jr (Tony Stark / Iron Man), Zendaya (Michelle), Marisa Tomei (Tante May), Jacob Batalon (Ned Leeds), Laura Harrier (Liz Allan)...
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Date de sortie : 12 juillet 2017
  • Durée : 2h14

Spider-Man : Homecoming

de Jon Watts

Retrouver la fête


Retrouver la fête

Home­com­ing, le sous-titre de cette nou­velle mou­ture des aven­tures de l’homme-araignée (déjà la troisième ver­sion en quinze ans), évoque autant l’idée d’un retour qu’il ne for­mule la promesse d’une fête, le “home­com­ing” désig­nant une tra­di­tion améri­caine qui voit une école célébr­er son anniver­saire et accueil­lir ses anciens étu­di­ants. Car revoilà Peter Park­er au lycée : bien que déjà doté de ses pou­voirs (le film ne con­te pas, à l’inverse des pre­miers Spi­der-Man de Rai­mi et Webb, l’histoire des orig­ines du super-héros), Spi­der-Man n’a ici que quinze ans et jon­gle entre des pre­miers pas mod­estes sous son masque, son ambi­tion de jouer dans la cour des grands (rejoin­dre les Avengers) et le train-train ado­les­cent d’un bahut new-yorkais. L’intérêt prin­ci­pal du film tient à cette joie des pre­mières fois qui teinte les débuts de Peter Park­er – nulle trace ici d’un trau­ma­tisme ou d’un poids à porter (la mort d’Oncle Ben ou les fameuses “grandes respon­s­abil­ités qu’impliquent de grands pou­voirs”) : l’adolescence, en dépit des prob­lèmes sous-jacents qui la car­ac­térisent (trou­ver sa place, trou­ver son rythme, appren­dre à maîtris­er son corps), est avant tout dépeinte comme un champ des pos­si­bles où l’excitation est de mise face aux défis qui se présen­tent.

Il faut prob­a­ble­ment remon­ter à Ant-Man pour retrou­ver un film Mar­vel qui réus­sis­sait à faire entr­er autre chose, une matière un peu exogène, dans le pro­gramme qui for­mate désor­mais chaque volet de la fran­chise au long cours : là où le film de Pey­ton Reed optait franche­ment pour la comédie et la légèreté du film de braquage, ce nou­veau Spi­der-Man épouse quant à lui un ver­sant de teen-movie comique plutôt rafraîchissant, qui ne vise ni à explor­er la muta­tion du corps ado­les­cent (comme dans le pre­mier Spi­der-Man) ni les émois amoureux d’un jus­tici­er entravés par sa mis­sion de jus­tici­er (comme le pre­mier The Amaz­ing Spi­der-Man, qui flir­tait ouverte­ment avec la comédie roman­tique). Co-écrit par des scé­nar­istes de comédie (dont John Fran­cis Daley, plus con­nu pour avoir incar­né le jeune héros de la série Freaks & Geeks), Home­com­ing lorgne plutôt du côté des films de bahut peu­plés d’archétypes ado­les­cents (l’acolyte geek, la mar­ginale cynique, la brute arro­gante, la jeune fille désirée et inac­ces­si­ble), dépeints comme des fig­ures aus­si mal­adroites que touchantes par leur imma­tu­rité et leur inno­cence.

Crise de croissance

Si le film ne rivalise guère avec ceux de Rai­mi, il faut recon­naître que Home­com­ing trou­ve dans ce super-héros inex­péri­men­té et encore en rodage un sup­plé­ment d’âme qui manque aux autres représen­tants de l’écurie Mar­vel. Dom­mage toute­fois que le film, con­traire­ment à ceux de la pre­mière trilo­gie, ne parvi­enne pas pleine­ment à panach­er les gen­res : si le teen-movie est plutôt hon­nête, le film d’action, lui, est mal­heureuse­ment raté, en témoigne la scène finale qui oppose Spi­der-Man au Vau­tour sur un avion invis­i­ble (très belle idée pas du tout exploitée : la sur­face de l’appareil est recou­verte de cap­teurs qui repro­duisent les lumières et reflets des build­ings new-yorkais). Par­faite­ment illis­i­ble, l’affrontement con­firme que Home­com­ing est plus adroit avec l’adolescent qu’avec le super-héros, et que la mod­este réus­site du film tient moins dans sa manière de pren­dre à bras-le-corps la fig­ure déjà con­nue de Spi­der-Man qu’à la façon dont il insuf­fle avec habileté un peu de légèreté et d’humour dans l’univers trop sou­vent uni­forme des films Mar­vel.

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