Boys

Boys

de Mischa Kamp

  • Boys
  • (Jongens)
  • Pays-Bas2014
  • Réalisation : Mischa Kamp
  • Scénario : Jaap-Peter Enderle, Chris Westendorp
  • Image : Melle van Essen
  • Montage : Katarina Turler
  • Musique : Rutger Reinders
  • Producteur(s) : Pieter Kuijpers, Iris Otten, Sander van Meurs
  • Production : Pupkin Film
  • Interprétation : Gijs Blom (Sieger), Ko Zandvliet (Marc), Jonas Smulders (Eddy), Ton Kas (Theo), Stijn Taverne (Stef), Myron Wouts (Tom)
  • Distributeur : KMBO
  • Date de sortie : 15 juillet 2015
  • Durée : 1h18

Boys

de Mischa Kamp

Les platitudes


Les platitudes

Au cœur de l’été hol­landais, Sieger, dix-sept ans, s’en­traîne pour les cham­pi­onnats d’ath­létisme avec d’autres garçons de son âge. À l’âge des pre­mières fois et alors que tout le pousse à répon­dre aux avances d’une jolie fille, l’ado­les­cent fait la con­nais­sance du jeune et beau Marc, venu lui aus­si s’en­traîn­er. Entre eux deux, une com­plic­ité immé­di­ate s’in­stalle puis le trou­ble et la néces­sité d’ac­cepter un irré­press­ible désir réciproque. Cette his­toire, on l’a déjà vue mille fois au ciné­ma : des Roseaux sauvages à Sum­mer Storm en pas­sant par My Sum­mer of Love, toutes ces pro­duc­tions nous ont con­té – avec un tal­ent vari­able – l’éveil ado­les­cent au cours d’un été au désir homo­sex­uel et à l’ac­cep­ta­tion de celui-ci par la com­mu­nauté. Boys, avec presque dix à quinze ans de retard par rap­port aux pro­duc­tions préc­itées, s’en tient exacte­ment au même argu­ment scé­nar­is­tique, ne se don­nant même pas la peine de dévelop­per des sec­onds rôles ou de pro­pos­er un arrière-plan socié­tal. Cela dit, c’est peut-être en ne fig­u­rant que par­tielle­ment le fan­tasme d’une homo­pho­bie des autres ado­les­cents que le film évite le piège du manichéisme. Il se con­cen­tre ain­si exclu­sive­ment sur la ques­tion du com­porte­ment à adopter face à un désir qui ne s’in­scrirait pas dans la norme dom­i­nante.

Plat pays

Seule­ment, même sous cet angle, Boys, avec son titre générique et imper­son­nel, ne parvient jamais à s’in­car­n­er au-delà d’une représen­ta­tion fade et illus­tra­tive du désir. La caméra se con­tente le plus sou­vent de plans larges ou moyens, trop à dis­tance de cette chair qui s’a­ban­donne pour qu’on puisse ressen­tir le tour­ment amoureux de nos deux per­son­nages. La réal­isatrice, qui sem­ble s’être fixé pour objec­tif de tourn­er une bluette sen­ti­men­tale qui prôn­erait gen­ti­ment la tolérance, a vraisem­blable­ment peur de se con­fron­ter à une cer­taine cru­dité des rap­ports cor­porels, effrayée par la sueur qui pour­rait en résul­ter. Face à une telle timid­ité et autant de lieux com­muns, com­ment s’at­tach­er aux per­son­nages et ressen­tir un min­i­mum d’empathie pour leur éveil au monde ? Le scé­nario tente de con­tre­bal­ancer ces faib­less­es man­i­festes en gref­fant quelques élé­ments psy­chologiques : une mère décédée, un frère un peu ingérable, etc. Mais rien n’y fait mal­heureuse­ment : Boys reste au stade de l’esquisse inof­fen­sive alors qu’on aurait espéré un tour­bil­lon qui ose un peu l’ex­péri­men­ta­tion. En 2015, on préfèr­era donc revoir nos clas­siques des années 1990.

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